Cie de création et de diffusion de spectacles vivants – Montpellier

Le Syndicat Français des Artistes interprètes, par la plume de Jimmy Schuman délégué général du syndicat, communique :

Le 24 mars, le MEDEF a soumis son projet de « cadrage financier » des négociations spécifiques des annexes 8 et 10 du régime d’assurance chômage. L’organisation patronale exige d’ores et déjà plus de 185 millions d’euros « d’économies » annuelles sur les annexes, un rapprochement accru avec les règles du régime général et au moins 25% de baisse dans le « coût » des annexes d’ici 2020, via un durcissement des critères d’indemnisation, une réduction dans la durée d’indemnisation et/ou une réduction du niveau des allocations.

La loi « El Khomri »,  qui sera débattue au Parlement dans les semaines qui viennent, inverserait ce qui s’appelle « la hiérarchie des normes ». Si elle est votée, un employeur individuel pourrait s’affranchir des conventions collectives de branche, voire des protections offertes aux salariés dans le code du travail, s’il estime que son entreprise est en difficulté financière. Pensez à ce que cela pourrait signifier dans  nos secteurs, notamment ceux où la concurrence internationale est rude, comme dans le doublage, le cirque, l’audiovisuel, ou dans tous les secteurs du spectacle où les investissements sont lourds et les marges étroites : plus de grilles de salaires minima, plus de temps de travail maximal, plus d’accords de prévoyance santé, etc. ! Cette loi permettra aussi, de nouveau, Pôle Emploi  à interrompre des allocations en cours en cas de litige, malgré la décision du Conseil d’Etat de l’année dernière.

Dans la nuit du 22 au 23 mars, l’Assemblée nationale a voté, avec l’approbation de la ministre de la Culture et le silence complice des employeurs du spectacle, un projet de loi qui permettra aux employeurs de faire travailler gratuitement les artistes-interprètes dans des spectacles professionnels, exploités commercialement. Si cette rédaction est confirmée en deuxième lecture au Sénat, la présomption que les artistes du spectacle sont des travailleurs salariés (gagnée de haute lutte seulement en 1969 !), bénéficiant de la même couverture sociale des autres salariés du pays, tombera. Pour de nombreux artistes, ça en sera fini pour les allocations de chômage, quel que soit le résultat des négociations actuelles ! Les pensions de retraite et l’assurance maladie aussi disparaitront, avec la raréfaction du travail professionnel !

Il faut résister à cette régression sociale généralisée, à ces attaques sans précédent contre le monde du travail, et très spécifiquement contre les artistes-interprètes. Voilà pourquoi le SFA appelle les artistes à se réveiller et à participer très activement et massivement à la mobilisation de ce jeudi 31 mars, à travers le pays. Il y va de notre avenir professionnel ; chacune et chacun doit s’en sentir responsable.

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