Cie de création et de diffusion de spectacles vivants – Montpellier

Les billets d’humeur

Ce n’est pas une sinécure que d’être musicien chez les talibans. Pour avoir voulu se produire en Talibanie orientale profonde, des artistes ont eu le crâne rasé, ont été attachés à des arbres et violentés… Certains y ont laissé la vie. Tout cela parce que selon une incertaine interprétation des textes sacrés, la musique est mauvaise pour la foi et détourne l’homme de la dévotion, c’est du moins ce qu’ont décrété les talibans.

Tout ceci semble dû a un obscurantisme de bas étage et à la bêtise humaine, mais en réfléchissant un tout petit peu on s’aperçoit que Dieu – et peu importe le nom qu’on lui donne – a quand même sa part de responsabilité.

Dans les textes qu’il donne à ses fidèles il faut avouer qu’il n’est jamais très clair, ses écrits, ses dictées ressemblant davantage à du jus de chaussettes de fantassins, ou au texte de la constitution européenne concocté par Giscard d’Estaing, qu’à un exposé d’une clarté limpide. Il faudrait à tout un chacun un doctorat de théologie appliquée pour y comprendre quelque chose. Dieu se comporte avec ses enfants comme le père Fourras : il parle par énigmes, laissant la porte ouverte aux interprétations les plus délirantes. Dieu nous prend pour des génies, ou des imbéciles, alors que nous ne sommes que des hommes comme dit Renan Luce…

Au fait Bambi est mort, victime du show biche. Des millions de faons le pleurent dans le monde.

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Que d’efforts ! que de travail ! Dans la réorganisation de nos activités entreprises depuis le début de l’année, la mise en place d’outils de communication modernes et adaptés est une des tâche essentielles auxquelles nous nous livrons…

Au-delà de l’utilisation régulière des messageries électroniques, il y eut par exemple la naissance de ce site-blog que nous essayons de rendre le plus vivant et réactif possible (n’hésitez-pas à faire des commentaires !) ; il y a aussi cette page myspace que nous avons enfin actualisée pour de bon et qui se veut désormais gardienne de notre son et de nos images (photos et vidéos)… Demain peut être un album sur facebook…

Oui ! que d’efforts ! que de travail !… que d’émerveillement aussi devant les possibilités offertes par internet ! J’avoue que j’ai longtemps été réticent devant ce média envahissant qui semblait devoir tout résoudre mais dont je craignais l’immense capacité de manipulation, de falsification même des faits les plus élémentaires.

Bien sûr le terrorisme est toujours une tentation forte quand vous avez le sentiment que tout vous échappe, que vous ne pouvez plus « normalement » influer sur rien… – et je pense que les « accès de folie » (virus,… etc) auxquels s’abandonnent certains sur le web sont une forme de terrorisme – … mais est-ce parce que l’homme a inventé la bombe atomique que l’on doit rejeter l’énergie nucléaire ? parce qu’il y a des accidents mortels que l’on doit supprimer les voitures ? parce que Frédéric Mitterand est devenu ministre de Sarkozy que l’on ne doit plus regarder que les matchs de foot à la télé ?… Vive internet !

Vous avez sans doute remarqué qu’en ce moment on nous rebat allègrement les oreilles et le reste avec Sœur Sourire, vous savez cette bonne sœur belge qui à l’orée des années 60 fit un tube interplanétaire avec sa chanson « Dominique, nique, nique » ; d’ailleurs un film vient de sortir sur sa vie avec dans le rôle titre Cécile de France (et pourquoi pas une biographie filmée de Michel Simon avec Brad Pitt ? ou une autre avec Monica Belluci dans le rôle de Pauline Carton ?)

Aussi, pour mettre les pendules à l’heure du Vatican j’ai décidé de parler de Frère Grimace. De son vrai nom il s’appelait Yannis Demisroussospoulos ; il naquit en Grèce le 16 mai 1928. Après de brillantes études de théologie il fut moine au Mont Athos durant onze ans puis, décidant de parcourir le monde il partit pour la France séjournant dans tous les couvents qui pouvaient l’héberger. Brillant guitariste il se mit à chanter sous le pseudonyme de Frère Grimace mettant d’abord des poèmes de Jehan Rictus en musique; puis il écrivit ses propres textes dont le célèbre : « La moue de Dieu » qui fut chanté dans tous les saints lieux. Enfin il composa ce qui aurait dû être son tube : « Le Cénobite » dont voici les paroles du début :

« L’cénobite- bite – bite
S’en allait tout simplement
Toujours chantant, priant
En tout chemin il priait
Pour les cénobites en paix
Pour les cénobites en paix »

Vous connaissez la musique : c’est celle que chantait Sœur Sourire. L’évêché trouva que les paroles pouvaient prêter à confusion et Sœur Sourire sautant sur l’occasion réécrivit un texte sans équivoque obtenant le succès que l’on sait.

La chanson de Frère Grimace passa à la trappe et lui aussi, tout près du Mont Lozère…

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Voici venir l’été des festivals dont notre région, toute à son désir de se vendre aux touristes, est si friande. Des dizaines, voire des centaines de festivals, sont annoncés un peu partout, sur le littoral comme dans l’arrière-pays, de tout style et de toutes les tailles… Qui peut dire combien d’argent au total cela représente ?

Bien sûr quelques centaines d’artistes et de techniciens de la région vont y trouver quelques occasions d’exercer leurs métiers et d’en vivre un peu, mais mesure-t-on bien que l’essentiel des ressources dégagées par la région, à tous les niveaux, des communes aux collectivités territoriales, vont aller pour l’essentiel dans la poche des marchands de culture ?

Certes nous sommes en système libéral, mais tout de même : ayez donc un peu de vergogne, mesdames, messieurs les gens en place, ô vous les décideurs de tout, politiques de tout poil, crispés sur vos baronnies ridicules,… Après tout il ne viendrait à l’idée de personnes en Languedoc de faire de la promotion œnologique en ne vantant que les crûs de Bourgogne, ou les Bordeaux… Pourquoi en serait-il autrement dans le domaine artistique ?

Non, le titre de ce billet n’est pas une nouvelle aventure du héros de Maurice Leblanc, c’est tout simplement l’évocation d’une rencontre, a priori improbable, entre la baronne Nadine de Rothschild et Arsène Bouakira.

La première, ancienne actrice des années 50 qui en épousant le baron de Rothshild est devenue membre d’une famille riche château ; le second, professeur et champion de Taekwondo puis directeur de Maison pour tous et actuellement au cabinet du maire de Montpellier est issu d’une famille pauvre maisonnette.

C’est un échange de politesses qui les fit se rencontrer. La baronne en bonne cavalière est à cheval sur les principes et elle a publié des livres sur le savoir vivre et les bonnes manières. Arsène est intervenu pour apprendre la politesse aux jeunes. S’étant contactés entre deux courbettes, trois baise-mains et cinq révérences, ils ont écrit une espèce d’encyclopédie pratique de la politesse. Ah les belles leçons qu’assène Arsène serein !

Evidemment, Némour et Zollau les deux serials-killers chroniqueurs chez Ruquier les ont allumés façon tunnel du Mont-blanc. En effet cela paraît un peu simpliste d’apprendre aux gens à se laver la zigounette, se peigner, se moucher, dire bonjour à la dame et merci au monsieur, enfin quoi, se respecter et respecter les autres…

Et pourtant, si certains chanteurs étaient polis et ne nous prenaient pas pour des neuneus, s’ils nous faisaient la politesse de faire des chansons intelligentes et si le public avait la politesse d’écouter ces chansons, de leur donner leur chance, enfin si tout un chacun était poli et respectueux de l’autre au lieu de se regarder le nombril…

Ainsi, peut être pourrait-on éviter les drames comme celui qui s’est déroulé à Castries et qui vient d’être jugé ces jours-ci, vous savez, l’histoire de ce jeune qui en a tué un autre en lui donnant un coup de pied entraînant une chute mortelle pour une histoire de ballon. Oui! un peu de politesse aurait peut être évité une mort stupide. Il aurait suffi que celui qui avait envoyé le ballon sur la voiture présente ses excuses à l’autre.

Alors la Baronne et Arsène? pas si culcul que ça !

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J’en ai presque honte… mais j’ai regardé samedi dernier, à la télé, la fin du grand concours 2009 de l’Eurovision, le xième de la famille. Oui ! j’ai regardé, écouté et me suis inquiété du score impitoyable réalisé par notre représentante, Patricia Kaas herself, reléguée sans ambage au 8ème rang des 42 pays participants. Ah ! l’Europe ! de l’Azerbaïdjan au Royaume Uni, d’Andorre à la Moldavie, de la Turquie à la Norvège,…, la Norvège grande triomphatrice du concours grâce à un chanteur biélorusse ayant appris le violon et… l’anglais pour mener sa carrière. Car c’est ça l’Europe d’aujourd’hui : 39 pays (ou presque) sur 42 chantant en anglais la même soupe (ou daube pour ceux qui ont très faim) à grands coups de danseuses plus ou moins dénudées, de cracheurs de feu et, parfois tout de même, de quelques musiciens à peine visibles dans le grand embrasement du stade olympique de Moscou.

… En fait, j’ai complètement honte d’être allé jusqu’au bout des « eight », ou « ten », ou « twelve points », espérant sans cesse que notre Patricia nationale allait leur montrer à tous ces Anglais refoulés que la chanson française était bien vivante et belle, et chargée d’émotion, même sans le concours des danseuses et des cracheurs de feu susnommés… Oui ! Shame on me d’avoir cru un seul instant qu’il était ce soir-là question de chanson et que peut-être, dans une émulation culturelle bien comprise, il ne serait plus besoin de traduire le Temps des Cerises…

C’est alors, tandis que défilait le générique, que j’entendis une voix qui disait « Mais qu’allait-il faire dans cette galère ? ». Aussitôt je m’arrêtais de souquer et m’accordais douze points quand je décidais – et pour qui ! et pour quoi ! – moi aussi d’aller voter. Le 7 juin !

Il est des cadeaux déplacés et inutiles. Ainsi, personne ne songerait à offrir des jumelles à Gilbert Montagné ; aucun représentant du gouvernement français n’aurait offert un saxophone à Bill Clinton (lorsqu’il était président en exercice) car on savait que le cher homme avait plus d’aptitudes à se faire aspirer l’instrument plutôt que d’y souffler dedans lui-même ; on n’offrirait pas non plus à Ségolène Royal un séjour à Paimpol pour le grand pardon des pêcheurs…

Mais Michèle Obama n’a pas cette retenue et ces scrupules typiquement français. Aussi n’a – t’elle pas hésité à faire cadeau d’une guitare à Carla Sarkozy-Bruni – et quelle guitare ! – pas une XP que l’on peut trouver dans tous les dépôts-vente machin converters à 80 €, non ! la guitare de Carla est la Rolls des guitares folks, une Gibson, et la première dame de France va pouvoir y gratter les 3 accords et demi qu’elle connaît et même composer trois disques en écrivant des mélodies sur les deux premières lignes de la portée… Si c’est pas jeter l’argent du contribuable américain par les hublots de l’avion « force one » survolant New York, ça !

Le grand gagnant dans cette affaire est notre président, car Carla, en présence du couple présidentiel américain, sera obligée de faire croire qu’elle se sert un peu de sa guitare – Vous savez comme quand la cousine de Rodez vient manger à la maison et qu’à la fin du repas on sort l’horrible service à café rose et or qui est son cadeau de mariage – Alors pour paraître plus grand à côté d’Obama, Nicolas Sarkozy n’aura plus besoin de marcher en faisant des pointes comme une ballerine, il lui suffira de monter sur le coffre de la Gibson.

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Soyons clairs ! Chanter est un métier à part entière qu’il faut défendre, affirmer au niveau des droits (comme pour l’ensemble des salariés) et des devoirs (par exemple contre le « travail au noir »…). Ceci est une évidence éclatante et notamment depuis les diverses attaques « protocolaires » contre le régime d’indemnisation du chômage des artistes et des techniciens du spectacle (les dispositions de 2006 viennent d’être prolongées…).

Soyons clairs ! Chanter est aussi une passion dont l’expression peut souhaiter autre chose qu’une salle de bain pour s’épanouir… Cette passion a besoin du partage et donc d’un public. Dans quelles conditions cela peut-il exister sans porter préjudice à l’exercice du métier ?

Soyons clairs ! chanter est aussi un art, une expression artistique à part entière qui se moque de toutes les règles pour exister, s’ébattre, prétendre à changer le monde (ou l’accompagner…). Être artiste, ce ne peut donc pas être l’acceptation stricte de règles codifiées d’une profession, aussi noble soit-elle, ce ne peut pas être non plus l’exercice béat d’une quête du plaisir, aussi intense soit-elle…

Soyons clairs !… Tout cela pose questions ; aux créateurs, aux professionnels, comme aux passionnés.

La chanson est l’expression artistique la plus en difficulté à Montpellier. Elle souffre certes des problèmes généraux de la Culture dans notre pays (réduction des budgets, « crise » de l’intermittence…) mais aussi d’une sorte d’abandon dans lequel, volontairement ou non, les pouvoirs publics la maintiennent. En fait tout se passe comme si on laissait la chanson entre les mains des seuls « marchands de variété » (c’est à dire au bout du compte entre les mains des seules industries culturelles). C’est grave car c’est une expression artistique à part entière qui est ainsi laissée sur le bord des routes créatrices, alors qu’à l’inverse il y a – notamment dans notre ville – un véritable bouillonnement créatif en matière de chanson, avec des artistes confirmés solides et de jeunes « émergents » pleins de fougue et de talent. C’est pourquoi nous pensons nécessaire de tracer les grandes lignes d’une politique culturelle pour la chanson à Montpellier.

1 – Favoriser la création dans son ensemble Mettre la création au cœur de la politique culturelle est la condition première de toute mesure prise en faveur de la chanson. A cet égard nous pensons qu’il faut multiplier les initiatives où tous les créateurs chanson auront l’occasion de présenter les fruits de leur travail. Ainsi « Chansons sous les étoiles » à Dionysos, le premier samedi de septembre. De même, pourquoi ne pas établir une convention avec les Maisons pour Tous pour que des concerts « d’auteurs » aient lieu régulièrement dans les quartiers (en plus des manifestations habituelles), concerts associant artistes confirmés et jeunes talents (dans des petites formes) : 12 à 15 concerts sur l’année pourraient ainsi être organisés. De même il faut maintenir le concert d’auteur à la salle Molière à l’occasion de la Fête de la Musique, là encore en associant artistes confirmés et émergents.

2 – Révéler et encourager les jeunes talents Cela passe bien sûr par la pérennisation de VOIX LIBRES en ouvrant les sélections à l’ensemble de l’agglo (voire au département) et en plaçant la manifestation sous l’égide d’une « vedette » de la chanson (ex : Lavilliers ou Juliette…). La finale aurait lieu dans le cadre de QuARTiers Libres, au printemps donc, avec des sélections débutant dès la rentrée de septembre. Par ailleurs, pourquoi ne pas renouveler les soirées « jeune chanson montpelliéraine » telles que nous les avions initiées voici quelques années : 3 groupes ou artistes émergents au programme + 1 parrain (ou marraine) de la soirée.

3 – Se donner des outils à la hauteur Il est évident que Montpellier souffre d’un manque de salles dédiées à la chanson… Il faut doter la ville d’un tel lieu, et pourquoi pas dans le cadre d’une Maison des arts de la proximité (contes, chansons, poésie) vivante et ouverte, équipée également de salles de répet, d’une biblio-discothèque, et apte à organiser des concerts, des conférences, des spectacles de petite forme…

4 – Donner un écho conséquent à cette politique Cela veut dire bien entendu, inscrire le tout dans une vraie politique de communication à l’échelle nationale, voire européenne (Montpellier pôle méditerranéen de la chanson et des arts de la proximité, par exemple) Cela sous-entend aussi aider les artistes locaux (confirmés et émergents) à exporter leur travail, par exemple en soutenant matériellement leur présence dans des festivals ou des concours, ou encore en favorisant les échanges avec d’autres villes, d’autres régions… Enfin cela veut dire s’inscrire dans le grand courant des technologies modernes d’enregistrement et de diffusion de la musique et des spectacles en permettant, notamment aux plus jeunes, de disposer des outils nécessaires (formation indispensable…)

Il resterait à étudier l’organisation d’un grand festival chansons à Montpellier (chansons à texte bien sûr) hors de l’influence des « marchands » et qui pourrait avoir lieu au mois d’août… Quant à la question des « premières parties » ce serait bien déjà que tous les lieux institutionnels les proposent systématiquement à des artistes locaux.

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Il est des coups de fil qui vous laissent abasourdis, tremblants, en colère contre tout et tous de n’avoir rien pu faire pour éviter l’irréparable… Tel cet appel, très tôt ce matin, sur le portable et la voix chargée de pleurs de Sophie : « Nouma est décédé ! » Impossible ! Et pourtant… Nous le savions malade depuis quelques jours, mais qui pouvait imaginer qu’il n’y résisterait pas ? Nous savions qu’affaibli par les excès, alors qu’il allait avoir 47 ans, il allait lui falloir lutter et que tout incident pouvait dégénérer, mais comment imaginer une issue aussi brutale ? … Nouma est décédé, et nous saurons dans les heures qui viennent ce qu’il convient de faire pour l’accompagner jusqu’au bout, dans la dignité, dans cette fraternité qui, à sa manière, a guidé toute sa vie.

Nouma connaissait notre ville, ses recoins, ses personnages, mieux que quiconque et rien ne lui faisait plus plaisir que d’en découvrir aussi un peu son histoire… Nouma adorait la chanson, et sans lui l’Acte Chanson dont il était membre fondateur, n’aurait pas accompli tout ce qui a été fait pendant 12 ans ; il était de toutes nos batailles… Nouma aimait les rencontres, la chaleur des contacts humains, la fraternité, même parfois superficielle, née d’une discussion, d’une explication, d’un échange… Nouma était notre ami, notre frère de Kanaky, et sa disparition nous remplit de désespoir. Oui ! de désespoir !

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