Cie de création et de diffusion de spectacles vivants – Montpellier

Les billets d’humeur

Lorsque les chroniqueurs de disques n’ont pas grand-chose à dire sur un artiste ils qualifient ce dernier de dandy. Tout de suite ça en jette. Bien sûr cela ne veut rien dire car ce n’est pas parce qu’Oscar Wilde était un dandy dandinant qu’il était un bon écrivain, mais enfin placer le mot dandy permet de remplir un article… Aussi avons-nous eu droit au dandy Dimoné, au dandy Alain Chamfort, au dandy Alain Bashung et même mal rasés et oscillants les regrettés Serge Gainsbourg et Fred Chichin ont été dandyfiés à titre posthume…

Actuellement les journalistes politiques ont aussi ce travers : ils nous parlent d’un président de la république bling-bling… ça veut pas dire dandy ça ?

Mais après tout n’est-on pas toujours le dandy de quelqu’un ? Moi-même lorsque j’avais des velléités artistiques et que je courrais les auditions (à l’époque on n’avait pas encore inventé les castings) on m’a toujours dit : revenez nous voir dandy z’ans quand vous aurez fait des progrès…

A propos de l’absence de salle de chanson à Montpellier, problème que nous avons déjà souligné dans un courrier adressé au maire de Montpellier le 18 novembre dernier, nous avons reçu de Coko (Corentin Ratonnat) la lettre suivante signée par de nombreux jeunes artistes montpelliérains.

                                                 Madame le Maire,                                                  Monsieur l’adjoint à la Culture,

Nous, jeunes artistes chanteurs et musiciens de la région montpelliéraine, nous permettons de vous soumettre un projet qui nous tiendrait à cœur. Nous ne sommes bien sûr qu’une force de proposition, mais nous souhaitons profiter de votre écoute et de votre dynamisme pour vous faire part des réalités. En matière de chanson, la Ville de Montpellier connaît un paradoxe : malgré le peu de professionnels (producteurs, programmateurs, tourneurs, distributeurs,…) spécialisés en chanson dans la région, une dynamique évidente se crée autour de jeunes talents émanant de Montpellier :

Les Belles Musettes, zOrozora, Cédric (plus de 120 000 visites sur MySpace), Yéti (présélectionnée au Printemps de Bourges et assurant les premières parties de Bénabar, Arthur H, Magyd Cherfi, Didier Super), Coko (lauréat du Pic d’Or à Tarbes, et sélectionné pour représenter la France aux Jeux de la Francophonie 2009 au Liban), Laurent Montagne (en tournée dans toute la France, dont les FrancoFolies de La Rochelle), Elsa Gelly (passant sur France Inter et travaillant avec Vincent Roca), Scotch & Sofa (repéré par les FrancoFolies de la Rochelle et « Alors Chante ! » à Montauban et vainqueur du tremplin Musik’Elles de Meaux), Olivier l’Hôte (première partie de Renan Luce, Les Ogres de Barback, Les Têtes Raides, Aldebert), Brazùk, La Veuve Marceline, Flavia (lauréate des concours « Génération Brassens » en Ile-de-France et « Les Amoureux de la Scène » en Avignon) et tant d’autres jeunes artistes connaissent un succès qui commence à dépasser le cadre régional, et qui pour certains est très prometteur.

Cette richesse et cette diversité de la jeune chanson montpelliéraine méritent de trouver un ancrage local plus profond ; il est regrettable en effet que ces chanteurs en émergence soient forcés de quitter la Région et monter à Paris pour « décoller ». Nous, jeunes groupes et artistes, sommes persuadés qu’une salle dédiée à la chanson serait l’opportunité pour la Ville de Montpellier de : permettre aux artistes émergents de jouer, se faire connaître, et travailler dans de bonnes conditions (résidence,…), attirer les professionnels nationaux de la chanson, fidéliser et démocratiser un public très demandeur et très varié (il suffit de voir le succès des soirées « chanson » au Théâtre Jean Vilar, toujours complet, même quand les artistes ne sont pas des têtes d’affiches), faire venir jouer à Montpellier des chanteurs et groupes (émergents ou confirmés) d’autres régions, élargir son rayonnement culturel autour de la chanson française, au-delà des limites régionales, proposer, en plus de la programmation, des ateliers d’écriture, résidences, fond de documentation, cours de chant , etc…

Avec la crise du disque, c’est en effet de plus en plus par la scène que se font connaître les chanteurs et groupes de chansons : Bénabar, Jeanne Cherhal, Juliette ou encore Loïc Lantoine ont décollé grâce à la scène. Il existe à Montpellier des lieux dédiés au rock, l’électro, le jazz et bien sûr la musique classique, mais pas à la chanson (celle qui peut être écoutée assis et qui ne remplit pas forcément les Zénith). Ce genre de salles existe pourtant à Toulouse (Le Bijou, Théâtre du Grand Rond), Lyon (Salle des Rancy, A Thou Bout d’Chant) ou Valence (Train-Théâtre) pour ne citer que celles-là.

Vous êtes une équipe neuve, porteuse de projets et à l’écoute des Montpelliérains. Nous ne sommes pas organisateurs, directeurs ou programmateurs mais juste des artistes qui vous soumettons quelques propositions. Si vous voulez rencontrer certains d’entre nous pour comprendre plus en détails nos besoins et les réalités de notre métier, ce serait bien sûr avec grand plaisir. En vous remerciant de votre attention et en vous adressant nos plus sincères salutations,

Premiers signataires :

zOrozora, Cédric, COKO, Les Belles Musettes, Guilam, Laurent Montagne (ex Les Acrobates), Gabrielle, Flavia, Marine Desola, La Veuve Marceline, Les P’tites Causes, Elody Margot, Olivier L’Hôte, La Paix des Méninges, Yéti, Elsa Gelly, Le Kom’un des zotres, Une Touche d’Optimisme

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Toute l’équipe de l’Acte Chanson (de gauche à droite: Claude Avenante, Julien Heurtebise, Soisic, Jacques Palliès, Christine Besnaïnou, Jean-Pierre Leques) est heureuse de vous souhaiter une année 2009 pleine de chansons, de spectacles vivants et des bonheurs – simples ! – que sont la fin des guerres, la disparition de la misère et la baisse (sensible !… sans cible ?) de la bétise humaine.

Ah ! être jeunes, que c’est bon !

Par ailleurs et en même temps, toute l’équipe de l’Acte Chanson (de gauche à droite : les mêmes) est heureuse de vous faire part de la naissance de l’association Crescendoo dont les objectifs visent à « l’émergence, la professionnalisation et l’accompagnement des artistes et des techniciens du spectacle… ».

Efficacité et longue vie à elle.

J’ai appris récemment que Léo Ferré pouvait faire peur, très peur : le chanteur Dimoné a avoué que lorsqu’il était enfant, il avait les jetons en voyant cet artiste. Je dois admettre qu’outre le fait que ses parents avaient dû lui dire en le menaçant : « Dimoné mange ta bonne soupe ou le vilain Monsieur au crâne dégarni et aux longs cheveux filasses t’emportera dans son piano à queue ! », Léo Ferré était quelqu’un d’effrayant, même pour moi. Pas physiquement, bien sûr, car il ressemblait à Juju le photographe qui venait faire la photo annuelle des classes quand j’étais enfant au début des années soixante, non Léo Ferré était impressionnant par son talent, c’est cela qui faisait peur.

Sur scène, il était sur le fil du rasoir dans son interprétation et là il n’y avait que deux solutions : soit tu es dans le sublime, l’émotionnel, et tu es Léo Ferré ; soit tu te vautres et tu es dans le ridicule, tu es Francis Lalanne. Dans la chanson, Léo Ferré a tout fait : raconté les premières blagues sur les blondes (cf. Le Scaphandrier), fait du slam, dirigé des orchestres symphoniques, fait de la pop music avec le groupe Zoo, cartonné avec un slow d’enfer (Je me souviens en 69 année ô combien érotique avoir tenté d’emballer une allemande sur « C’est extra »…) Léo Ferré a mis tous les poètes – ou presque – en musique : Rimbaud lui expédiait ses textes d’Abyssinie, Verlaine de prison, Baudelaire du cabaret avec des taches d’absinthe sur les feuilles et Apollinaire lui envoyait ses œuvres depuis le Front… Il nous a aussi fait découvrir René Baer, Luc Bérimont, Pierre Seghers et surtout Jean-Roger Caussimon.

Bien que monégasque, Léo Ferré n’était pas Johnny et il ne s’est pas réfugié dans un paradis fiscal, il est allé officialiser ses amours ancillaires en Italie, où la camarde lui fit un pied de nez et un croc en jambe en le faisant décéder un quatorze juillet, jour où les graines d’ananar restent dans leur lit douillet.

Je terminerai en disant comme Bourvil : l’alcool non mais Léo Ferré (gineuse) oui !

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C’est sur un revigorant « Hommage à Henri Salvador » vendredi dernier à Montferrier que viennent de s’achever 12 années d’actions militantes « pour la chanson en Languedoc Roussillon »… Chanson d’auteur d’abord à laquelle nous avons consacré des centaines de concerts, depuis la plus anonyme scène ouverte jusqu’au récital d’artistes reconnus (tels Michèle Bernard, Allain Leprest ou Henri Tachan)… Mais aussi chanson-passion pour laquelle nous avons multiplié les hommages ou les thématiques.

Depuis la seule rentrée de septembre, 17 spectacles ont constitué l’ossature de nos programmations et 1500 spectateurs ( !) y ont participé : depuis le tremplin VOIX LIBRES, les concerts d’auteur de Bonfils, Marc Hévéa, Jean Tricot, Chango Ibarra, les soirées d’hommages à Brel, Ferré, Salvador, jusqu’aux spectacles de cabaret théâtre musical : « Les cerises sont-elles cuites ? » (sur Mai 68), « Un Amour Cerise »(autour des chansons de Jean Ferrat) ou « Chants d’Honneur »… 1500 spectateurs, disons-le, c’est à quelques unités près le maximum de ce que nous pouvions réunir comme public à Montpellier, Montferrier, Le Crès, Castelnau, Lodève,…

Pourtant au-delà de la fierté légitime que nous procurent ces résultats, au-delà de la conscience du devoir très accompli pour la chanson pendant les 12 années qui viennent de s’écouler il nous reste aussi une sorte d’amertume : alors que le public n’a jamais été aussi nombreux, c’est presque dans l’indifférence des professionnels, des institutions, des médias que tout cela s’achève. Certes, comme nous l’avons fait pendant 12 ans, cela ne nous empêchera pas de faire ce que nous estimons devoir faire. Mais tout de même…

Décidemment, alors que le creuset créatif de la chanson n’a jamais été aussi dense et passionnant, bien des obstacles demeurent pour que la chanson aussi soit reconnue comme une expression artistique à part entière et non pas seulement comme une marchandise. Or à cette dernière aune-là, nous aurions perdu.

Jacques a dit rêve
Et devant nous le Far West est apparu

Jacques a dit danse
Et sur la place une bohémienne venue d’outre horizon s’est mise a Esméralder

Jacques a dit gueule et la colère a grondé

Jacques a dit regarde et derrière la saleté la lumière a jailli

Jacques a dit ris, Jacques a dit pleure
Et dans le miroir de ses chansons on a vu nos sales gueules

Jacques a dit fait silence et il a chanté
Ses postillons ont guidé la diligence des mots et on a applaudi

Jacques a dit suis-moi, il a quitté la scène et s’est envolé sur les écrans, un coup devant la caméra, un coup derrière

Puis Jacques a dit ciao et il est parti
Voulez-vous danser Marquises sur le dernier temps de la valse

Alors Jacques a dit chut et il s’est tu
Et voici trente ans que le silence, tonitruant oxymore, nous porte encore sa voix

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Bientôt, très bientôt sans doute, -au 1er janvier 2009 pour tout dire !- va se dessiner ici le premier blog de l’Acte Chanson…

Oui, après 2 sites classiques et l’adresse Myspace, nous allons enfin bloguer. Bloguer c’est-à-dire pour nous non seulement transmettre le plus possible d’informations concernant les activités de la compagnie, mais aussi échanger avec vous en essayant de tenir le rythme de l’expression neuve, de la chronicité des billets, des infos, des agendas… et des spectacles disponibles jetés sur les routes de France dans le grand maëlstrom du spectacle vivant. Spectacle vivant… le gros mot est lâché.

Est-ce que vous mesurez que des milliers d’artistes inconnus s’adressent quotidiennement à des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes dans ce pays, en faisant tout simplement leur métier de passeurs de sens et d’émotion… pendant que quelques poignées, totalement soumis aux ordres des marchands d’illusions, se disputent les ors du prime time et occupent seuls l’espace médiatique ?

Ridicule ? Ecoeurant ? Certes… mais rassurez-vous, seul l’inconnu, l’ailleurs, l’étoile (celle de Jacques Brel bien sûr !) nous intéressent… La création seule est désormais notre boussole, notre astrolabe, notre sextant, notre compas, notre carte du tendre et du réel, du rêve et de l’émoi, du sens et du combat.

Tiens, et si on faisait un blog avec tout ça ? !

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