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Le Dossier

Dans un souci permanent d’échange, nous avons créé cette nouvelle rubrique. Vous pouvez ainsi accéder aux documents concernés par tel ou tel débat, mais aussi grâce à vos commentaires y participer. A vos plumes !

Culture pour tous ou Culture pour chacun

Grâce à Frédéric Mitterand la politique culturelle de Nicolas Sarkozy tente de se donner un cadre théorique… Mais les enjeux semblent les mêmes : aller vers un grand marché, dérèglementé, de la Culture, ou promouvoir le service public.

C’est par un document « interne » du Ministère de la Culture que tout a commencé. Un « programme d’actions et perspectives » signé Françis Lacloche (ce n’est pas un pseudonyme) et daté de septembre 2010, était soudain révélé dans lequel l’auteur mettait le programme en question dans la lignée idéologique d’André Malraux qui, en 1966, lançait le concept de « culture pour chacun », à l’encontre de celui de « culture pour tous » qui, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, servait de moteur en quelque sorte à la plupart des grandes aventures culturelles…

Dénonçant « l’élitisme » (?) de ces aventures, condamnant « l’intimidation » permanente déployée par les artistes concernés (empêchant le public de se rendre dans les salles), stigmatisant donc l’échec des politiques culturelles menées jusqu’ici, « à cause des gens de culture eux mêmes »… mais oubliant par exemple les budgets rabougris alloués au Ministère, ou encore la politique de casse menée au nom de la Révision Générale des Politiques Publiques, Francis Lacloche (ce n’est toujours pas un pseudonyme) en venait à prôner une sorte de « communautarisme culturel », hors de toute hiérarchie, « libérant » par contre des pans entiers d’expression à la convoitise des marchands…

Tous les syndicats (SFA CGT, SYNAVI, SUD Culture) ont aussitôt fait connaître leur hostilité au projet de programme, le rejettant pratiquement en bloc.

Mais, et si on en profitait pour se poser aussi de vraies questions…? La culture en crise ne peut pas se contenter d’un statut quo, et il n’est pas évident en ce domaine d’entraîner l’adhésion populaire à l’idée de service public. Les artistes eux-mêmes ont beaucoup de mal à se situer… Comment intégrer par ailleurs les extraordinaires développements informatiques, internet, les réseaux sociaux, les technologies nouvelles pour la création elle-même… ? La matière est vaste pour la réflexion.