La Chronique
Plein succès pour les premiers concerts de l’Acte Chanson
2012 démarre fort pour les spectacles de la compagnie.
70 personnes jeudi dernier chez Trinque Fougasse pour notre Hommage à Allain Leprest, c’était déjà un gros succès dans le caveau de dégustation du restaurant/ bar à vins de la route de Mende… On ne pouvait pas mettre un spectateur de plus !
Allain Leprest il est vrai méritait – ô combien – cet engouement, comme l’ont montré Julien Heurtebise, Cécile Veyrat et l’ensemble des artistes regroupés dans le spectacle.
Chansons de jeunesse et classiques de l’auteur étaient proposés pour le plus grand bonheur du public.
Sur les présentoirs du caveau une belle exposition de dessins, de tableaux , et d’affiches révélait aussi qu’Allain Leprest était un vrai plasticien tout de sensibilité et de force graphique.
Prochain cabaret chanson : Les Amis de Georges le jeudi 16 février.
Le samedi à Mèze, ce sont près de 100 personnes qui, au milieu de l’après-midi, assistaient au nouveau Cabaret du Vin proposé par Jacques Palliès et Gilbert Maurin. 100 personnes enthousiastes participant sans réticence aux clins d’œil lancés par les artistes dans l’ancienne cave coopérative reconvertie en lieu de spectacle.
Le nouveau Cabaret du Vin c’était alors plus d’une heure et demie de voyage dans l’univers poétique du vin où tout le monde s’embarquait entre sourires et émotions, découvertes et plaisir.
Une belle Saint-Vincent pour les vignerons mézois.

Souvenir du Martinet
Un bel esprit de fête populaire tout au long de la journée, des stands, des châpiteaux, des hommes, des femmes, des enfants et des artistes… Un beau souvenir que cette première de notre Amour cerise avec Marine Desola remplaçant Cécile Veyrat pour quelques représentations, jusqu’à ce que celle-ci, trop durement touchée par les tourments de l’existence, ait retrouvé sa pleinitude de femme et d’artiste…
Merci Marine, c’était trop bien Le Martinet.
Tomates surprises…
C’était le 4 septembre dernier à Clapiers… la pluie croyait avoir gagné, mais il y eut des milliers de visiteurs, d’exposants et même ce qui ne put avoir lieu finit par exister. La preuve, ce texte dont j’avais préparé une lecture plus… improvisée.
L’ail est au long de l’escalier, et le piment près du rosier qu’on taille bas pour qu’il résiste au vent. L’aubergine et la tomate voisinent traditionnellement
Colette
Décidemment j’ai pris mes habitudes à Clapiers pour cette belle fête de la tomate sous les arbres du parc (Eh ! oui ! je n’avais pas prévu qu’il pleuvrait…). Il y a deux ans j’étais arrivé avec Delteil et ses « tomates mûres » dans mes bagages ; l’an dernier j’avais voyagé dans l’univers des chansons (Rappelez-vous : « Il faut se les farcir ! » disait René-Louis Laforgue) ; cette année me voilà sous l’égide de Colette et de sa Treille muscate au jardin mirifique…
En vérité cette année, j’ai prévu de jouer avec le mot même de tomate et de voir ce que l’on peut en tirer : le jus comme jeu, quoi !
Par exemple, parcourant les dictionnaires, j’ai découvert qu’il n’était pas besoin d’apprendre par cœur « Le temple du soleil » pour parler aztèque : le mot tomate y suffit. De même je me suis assez vite rendu compte qu’à l’exception d’un apéritif anisé (et grenadinisé) il n’y avait guère de confusion possible… Alors évidente la pommodore italienne ? la pomme d’amour du 17ème siècle européen ?
Curieusement je n’ai rien trouvé du côté des proverbes, des sentences et autres maximes. A peine cette comparaison presque tautologique : « Rouge comme une tomate ».
… Rouge comme une tomate ? Voyons, voyons… Mais bien sûr, on dit aussi « jaune comme un citron » ou « vert comme une pomme » et même « bleu… comme une orange » comme disait Paul Eluard… Et voilà donc la poésie qui se profile : « rose comme… », « violet comme… »… Essayez donc !
Si l’Oulipo vous interpelle, vous pouvez aussi vous essayer à quelques exercices bien connus. La méthode LSD (dans laquelle il ne faut voir aucune autre allusion qu’à la littérature semi-définitionnelle) vous donnera en remplaçant chaque mot de la comparaison par sa définition : « De la couleur du sang ou du coquelicot comme les fruits de la plante dicotylédone , herbacée, annuelle, de la famille des solanacées, velue et à feuilles alternes charnues. »
La méthode du S+… ne vous décevra pas davantage. S+5 donnera « Rouillé comme un tombereau » et S-4 « Roublard comme un tam tam ».
La méthode chère à Boris Vian où l’on inverse simplement les voyelles d’un mot vous conduira pour le seul substantif de « tomate » à des résultats plus intimes que je vous laisse le soin de découvrir (si j’ose dire).
Amusant n’est-ce pas, pour qui le monde des images est une source infinie de merveilles.
J’ai voulu pourtant en savoir davantage et je me suis référé au grand dictionnaire des symboles. J’y ai appris (en ce temps où l’on sait que toute nouvelle connaissance est un pas vers l’infini) que la tomate est très importante dans le système symbolique des Bambaras (tribu mandingue du Mali…). Son jus est en effet assimilé au sang et c’est avec ce jus que, lors de la grande réorganisation du monde, Faro, le grand Démiurge, maître des eaux et du verbe, féconde les femmes… Vertu fécondante que l’on retrouve confirmée par plusieurs pratiques rituelles des Bambaras, telle pour un couple le partage d’une tomate avant de s’accoupler…
Ah ! si l’on devait s’accoupler chaque fois que l’on partage une tomate !
Incontestablement les tomates ont du jus…
A ce propos savez-vous comment on arrose les tomates ? Avec un (e)automate bien sûr… Comment on appelle un voyeur qui agit au petit matin ? Un malade qui tôt mate… Comment les joueurs d’échec de Balaruc, de Mèze ou de Sète qualifient leurs victoires ? Evidemment ce sont des Thau mat… Quant à l’éditeur pressé ? Il tome hâte… Ce qui est aussi le cas parfois du producteur de fromage…
Plus sérieusement j’ai expérimenté le principe du « portrait chinois » et je me suis ainsi découvert : « Si j’étais une tomate, je serais ce grand incendie de la table descendu d’un tableau impressionniste jusques dans nos assiettes… Je serais ce champ de coquelicots devenus comestibles… Je serais un énorme nez de clown… et même les joues rebondies d’un personnage d’Arcimboldo… Je serais… » Essayez donc vous-mêmes.
Dans le monde des tautogrammes, où tous les mots commencent par la même lettre, je pourrais décrire une « Tranche de tomate (qui) tintinnabule comme un tambour, tourne, tourne comme une toupie. Sans tétine ni tambouille, elle triomphe. Sa truculence vaut celle d’un tigre sur un tatami ; elle est même triple et il est temps qu’on lui tresse les tripes. »
Du côté des lipogrammes, où on n’utilisera que des mots comprenant les voyelles a, e, o (mais oui ! comme les tomates !) on pourra constater que « Tâter de la tomate, la téter, à table, à l’opéra, côté sombre, totalement en vrac et non pas pêle-mêle dans les vergers, c’est valable ! »
… Il vous reste encore à imaginer les mondes fabuleux qui se cachent dans les cerisettes, les cœurs de bœuf , les marmandes de Montpellier et peut-être d’ailleurs, les noires de Crimée, les andines, les colibris, les mom’s, les Buffalo, les pêches rouges ou les Virginia Sweets… Des mondes fabuleux je vous dis !
Mais pour terminer laissez-moi revenir à l’univers merveilleux des citations. Par exemple celle-ci d’Alice May Brock, célèbre dans le monde de la cuisine anglo-saxonne : « Ajouter de la tomate et de l’origan, ça devient italien ; du vin et de l’estragon, ça devient français ; du citron et de la cannelle, ça devient grec ; de la sauce de soja, ça devient chinois ; ajouter de l’ail, ça devient bon ! »
Quant au célèbre internaute Frédéric Jézégou, il précise lui : « La connaissance c’est savoir qu’une tomate est un fruit. La sagesse c’est de ne pas la mettre dans une salade de fruits. »
Bon appétit et à l’année prochaine !
Après Ferrat à Fraïsse…
Qu’il faisait bon chanter Ferrat ce lundi 15 août à Fraïsse-sur-Agoût… En aucun cas Allain Leprest ne devait mourir, et nous venions de parler de Fantine, sa fille, à son tour pénétrée par la passion du chant comme elle l’avait montré quelques jours auparavant chez l’Anartiste à Roujan. Julien ne tarissait pas d’éloges sur elle et soudain il faisait grand soleil sur la place de Fraïsse… La chanson et personne ne devait mourir. Personne ne pouvait pressentir qu’au même instant la vie continuait, le spectacle continuait, malgré tout… Nous chantions Ferrat et les quelques cent trente personnes présentes se laissaient emporter par les mots du poète, les mélodies du musicien…
Notre seul problème, à Julien et moi-même qui chantions sans Cécile, était en vérité un problème de vie.Future maman elle avait dû renoncer à faire la route séparant Beaucaire de Fraïsse, et nous étions seuls sur la scène, orphelin d’un piano, d’une voix, d’un accordéon, d’une présence et d’un chant… Certes nous savions que cela pouvait fonctionner et que, même différemment, la parole de Ferrat prenait aussi, dans ces conditions, la force indispensable… Qu’en sera-t-il à présent en cette rentrée 2011 où notre « Ferrat » a plusieurs rendez-vous, au Martinet le 24 septembre, à Aramon le 8 octobre, à Sérignan-du-Contat le 15, peut-être à Beaucaire le 29 ?
Le temps nécessaire, nous avons choisi, en accord avec elle, de remplacer Cécile par Marine Desola – oui ! notre Marine ! C’est elle sur la photo !- elle-même jeune maman depuis près d’un an et enthousiaste à l’idée de retrouver la scène, sa passion, son plaisir de chanter et de communiquer avec le public. C’est donc en sa compagnie désormais, et jusqu’au mois d’avril prochain, que notre « Amour cerise » poursuivra sa route.
… Et nous pensons à toi Allain !
Chansons (2) : Duino, Galure et Bihl à Barjac
La chanson parfois cultive les devinettes. Ainsi qui se cache derrière ces initiales palindrome qui servent de titre à la dernière chanson de Jean Duino ? IOA AOI… Non ! Ce n’est pas du tahitien,…, ni même du hongrois… Et pourtant ! Autre interrogation amusante : Agnès Bihl est-elle la descendante du Buffalo éponyme ?
Bien sûr il fallait aller à Barjac pour connaître les réponses.
C’est ainsi que nous avons pu redécouvrir la perfection des textes et des harmonies d’un Jean Duino toujours aussi bossa noviste mais, semble-t-il, décidé à dire des choses résolument plus politiques et engagées. L’art du Marseillais, même un peu maltraité par un son sous châpiteau pas vraiment maîtrisé (mais merveilleusement entouré par un accordéon – Patrick Brugalière – et une contrebasse – Michel Altier -) n’y perd rien, bien au contraire… Même quand Jean abandonne sa guitare et affronte, debout, le public !
Après, nous avons connu la déferlante Manu Galure, en première partie du concert du soir, dans la cour du château. Son, lumières et… température, idéaux pour apprécier et en redemmander encore, et encore. Manu Galure, je l’avais découvert, il y a deux ans, à Mourèze dans un champ, tout seul à son piano, et déjà, j’en étais revenu fasciné par un talent embrassant toutes les nécessités du spectacle : qualité des textes, mélodies, rythmes, interprétation, et même déjà cette capacité exceptionnelle à transcender une simple chanson en brûlot, un doux poème en explosion artistique… Après Barjac, j’ai deux musiciens formidables à lui rajouter, pour un triple AAA que ne mérite plus l’Amérique !
Ah ! Au fait ! Puisqu’on parle d’Amérique, Agnès Bihl n’est pas l’arrière petite fille de Buffalo !
Chansons : Couté, Miravette, Zorozora et… des mirages en Avignon !
Je sais : il y avait Montpellier Temps Chante… Mais j’ai choisi de me payer une journée de vacances en Avignon… Une journée chansons… Avignon et ses océans d’affiches, de tracts, de dépliants, de musiques et de buzz de rue, d’exclamations, de tirades, de va-et-vient incessants, ses accents de tour de Babybel (comme dit Villanova !), sa grandeur, ses décadenses… Avignon nombril du monde, du petit monde des arts et des artistes, et qui palpite comme rarement cité palpite, au rythme d’un festival de théâtre à la fois fer de contestation et institution, deux élans ô combien palpables et qui, étrangement se mélangent, se nient et se renforcent en même temps…
… Comme d’habitude, j’y ai trouvé ma dose de chansons : un peu de Gaston Couté ici, jailli de la langue beauceronne comme d’une gangue pour délivrer un beau moment de découverte d’une oeuvre malheureusement trop oubliée, réduite à sa seule dimension vigneronne… Là une Nathalie Miravette libérée de son piano (abondament utilisé par ailleurs) pour surgir telle un ludion au plein milieu de la scène avec un large bagage de chansons « cucul mais pas que… » comme elle le dit elle-même, et qui révèlent une vraie interprète à la voix et aux gestes étonnamment assurés… Ailleurs il y avait aussi Zorozora promu grande révélation du off, jouant devant des salles combles, avec une Hélène transformée (Mais non ! C’est pas elle !… Mais si, c’est elle !… Non !… Si !… Mais non ! Mais si !…) et des Sylvain-Charlie complètement syphonés-zinzins… Tous les trois de plus en plus reçus dans la grande famille des artistes grâce à leurs talents musicaux et leurs capacités d’invention… Au fait : à quand des chansons de « grands » ?… Et puis, à l’opposé ou presque des jeunes Montpelliérains, le Cirque des Mirages, Ianowski-Parker inlassablement revenus à leur source mythique et à la fabuleuse aventure d’une création totale, poussée à tous les extrèmes… Ah ! Ces mains de batteur de cartes, jongleur, magicien, de tricheur diabolique… Ah ! Cette merveille de chanson d’amour autour de laquelle grouille, gesticule, pète, vomit, explose tout le reste du spectacle…
J’étais un jour en Avignon, je vous dis !
Souvenir d’Aubenas !
A quelques kilomètres d’Antraygues-sur-Volane, au coeur de la nation-Ferrat : Aubenas, sous-préfecture d’Ardèche, 12000 habitants… On y mange « Au Bureau », on y dort « Cévenol » et, depuis mercredi dernier on y médiathèque « Jean Ferrat », dans la fierté partagée (toutes étiquettes politiques confondues) grâce au poète, chanteur, musicien, aujourd’hui disparu depuis un an et demi mais dont il semble que la parole, la voix, le message, ne cessent de grandir et de se répandre…
Après Cabestany le samedi, nous étions à Aubenas avec la même mission (professionnelle et agréable) après l’heure des discours, des apéritifs, des retrouvailles, de donner à re-entendre, à re-découvrir, les chansons de Jean Ferrat dans leur universalité, leur modernité, leur actualité…
Deux heures de spectacle après, quelques 400 spectateurs pouvaient alors en témoigner : Ferrat leur appartient toujours, comme il appartient en même temps à sa famille, à ses amis, à ses camarades,…, comme il appartient à cette si belle idée d’un peuple de France généreux et ouvert, combattif et lucide… Vous vous souvenez ?
Super Cabestany…
500 personnes enthousiastes réunies dans la grande salle du splendide centre culturel de Cabestany désormais baptisé Jean Ferrat… et nous voilà déjà dans le souvenir, celui d’une nouvelle soirée où le nom de Jean Ferrat justement a rassemblé des centaines de personnes autour de chansons qui disent encore ce qu’elles ont à dire avec une terrible acuité, aujourd’hui plus qu’hier peut-être, à l’heure de la pensée unique et des plus ignobles complaisances. Oui ! un an et demi après la disparition du poète chanteur d’Antraigues, près de 30 ans après l’arrêt de ses concerts, une fois encore nous avons été portés par cette nécessité d’une autre parole, d’un autre espoir brandi par des artistes, et nous nous y sommes plongés sans retenue et avec un plaisir immense… Mercredi nous serons à Aubenas.
L’univers très personnel de Valentin Spoeb
Sous le titre « existentiel », Valentin Spoeb (que nous avons déjà entendu avec plaisir sur scène) donne son premier album : un premier disque de 10 titres qui décrivent un univers très personnel, sombre (trop sans doute !) que l’artiste revendique cependant pleinement, à travers notamment des arrangements qui font une belle place aux musiques actuelles, mais comme le faisait un Gainsbourg par exemple…
Certes on peut regretter un peu trop de « machine » dans ces vagues de sons qui enveloppent les chansons… mais la guitare, la basse, la batterie ne sont jamais loin qui font surgir soudain les sens cachés. Et c’est dans ces ambiances recherchées que les mots étincellent (même dans la difficulté auditive) : un « pied en muselière » pour un grand échassier, un « homme-tronc qui n’est pas de bois », ce « temps qui passe et nous revient en plein dans la figure », ce « naufragé d’un océan de larmes, un mâle… de mer ! »
Manifestement Valentin (Spoeb !) ne veut pas qu’on le dérange dans sa quête intime qui s’accomode si bien de tous les sujets : un tableau de Francis Bacon, l’histoire du Minotaure… C’est beau ! C’est noir ! Et l’on hésite en effet à bousculer l’artiste qui se voit enfin, tout au bout du voyage, en « brindille, radeau en perdition »…
Sans doute faudra-t-il un deuxième disque pour tout saisir.
Chemin des crêtes et/ou paysage au sommet
Lu sous la plume de Michel Chastaing, militant culturel et élu de Clapiers, à la suite de notre spectacle « Le Grand chemin des crêtes de l’Hérault » à Montferrier.
Samedi 2 avril 2011, un spectacle complet a permis la présentation du livre de Luigi di Zarlo : « Le grand chemin des crêtes de l’Hérault », à Montferrier, dans le cadre de la magnifique salle du Dévézou.
C’est l’Association Marco Polo qui a accepté d’éditer ce livre de 240 pages et de 1.000 photos, illustrant un circuit de 450 km fait de chemins aériens et de falaises calcaires. Des chemins balisés bien sûr mais aussi bien d’autres où Luigi di Zarlo a eu l’impression que personne n’était passé avant lui.
Contrairement à d’autres éditeurs, Marco Polo a accepté la parution de photos atypiques, dites « photos d’appoint », notamment prises des jours privés de soleil. Luigi di Zarlo, qui est en réalité appelé Gino, est randonneur. Il aime escalader et saisir des vues imprenables. Originaire de Calabre, il retrouve dans notre région des paysages méditerranéens très voisins. Son livre de photographe illustre la beauté de nos montagnes héraultaises vues sous des angles souvent inédits.
La soirée a consisté en fait en un spectacle complet alliant un diaporama dynamique de quelques clichés du livre, un accompagnement à la guitare par Gino di Zarlo lui-même, guitariste à ses heures, et l’intervention de Jacques Palliès, au travers de lectures, d’improvisations, de chants et de récits. Ce dernier, bien connu à Montpellier et à Montferrier, est un fervent défenseur de la chanson d’auteur. Il a accompagné le diaporama de textes anciens mais aussi de créations poétiques de sa part.
Gino di Zarlo et Jacques Palliès, à l’image de Frédécic Bazille qui a inventé la peinture de paysage, ont suscité, pour un soir à Montferrier, la musique et la poésie de paysage, pour le plus grand bonheur d’une assistance attentive et captivée. L’Association montferriéraine « Association Culture et Loisirs », regroupant 750 adhérents, pouvait être fière de cette animation ainsi que du concert caritatif organisé le lendemain, toujours dans la salle du Dévézou.
Si Jacques Paillès est poète, auteur-compositeur, interprète, il est aussi la cheville ouvrière d’une association très importante pour la chanson française : l’Acte Chanson. « Nous sommes des militants de la chanson d’auteur, celle que vous ne connaissez pas. Les choses pour exister ont besoin d’être vues ». L’Acte Chanson est en fait une compagnie de création existant en Languedoc-Roussillon depuis 15 ans. Cette association est au service des artistes et de leur professionnalisation. Acte Chanson milite inlassablement au profit de la chanson de création, pour le spectacle vivant et la culture de proximité : elle s’inscrit donc dans la longue tradition de l’éducation populaire et de l’accès à la culture pour tous.
Le concert-conférence, organisé dans le cadre du Festival des voix et des sens de Montpellier fut donc en ce samedi 2 avril 2011, une expérience très riche. Chacun a pu voir dans les photographies les crêtes de son enfance ou de ses ballades. Luigi di Zarlo a été ému en rencontrant les mouflons ou encore ces stèles de maquisards assassinés par l’Occupant et ses Collaborateurs français. Le chemin des crêtes ce n’est pas qu’une ligne de partage des eaux, c’est aussi le souvenir de la vie de ces paysans et de ces familles qui l’ont parcouru, au cours des siècles. L’aspect naturaliste est aussi précieux avec par exemple les forêts héraultaises de séquoïas. Quant au pouvoir évocatoire de la toponymie, il est magique quand les images l’illustrent et l’accompagnent : forêts des Avants-Monts, Somail, Escandorgue, Espinouse, Larzac méridional, Aigoual, Pic de Vissous, Caroux, Cardonille, Ortus, Pic Saint-Loup, …Pour ce dernier, l’inoubliable définition de Gaston Baissettes a été rappelée par Jacques Palliès : « Ni colline, ni montagne, mais résolument pic. »
Un débat a clos la soirée montferriéraine avec questions-réponses.
« Si au sommet d’une crête, tu n’aperçois pas la vérité, ouvre les yeux et tu la verras. »
