Cie de création et de diffusion de spectacles vivants – Montpellier

Le vin des poètes

Publication en une vingtaine d’épisodes – comme un véritable feuilleton donc – du livre-disque éponyme de Jacques Palliès

Un grand coup de vent sur nos certitudes, avec deux écrivains atypiques…

 

Joseph DELTEIL

Fils de charbonnier, vigneron du midi choisissant un jour « la vraie vie »,…, grand écrivain de la première moitié du 20ème siècle, auteur de livres à l’écriture somptueuse, charnelle, mais pour certains justement oubliés, Joseph Delteil ne pouvait être tenu à l’écart de ce livre.

Né au fin fond des Corbières, à Villard-en-Val, installé pendant 40 ans à Grabels, tout près de Montpellier, il nous a en effet donné quelques très belles pages sur le vin, telles ce « Chant du vin » extrait de « La Foire à Paris ».

 

VA AU VIN…

Le serpent, madame, qui tenta Eve, il avait, je le sens, la forme  d’une bouteille de vin. Le vin est le plus antique compagnon de l’homme. Toujours il fut un peu là aux grandes dates de l’humanité. Quelque chose de mystérieux, de sacré même, est en lui…

Elever, créer le vin, quelle auguste fonction ! Il y faut les connaissances, les loisirs, les vertus les plus diverses et les plus rares. Car le vin est un être vivant qui, dans sa prison de verre, respire, mue, chante et peut-être pense…

Entre le vin et l’amour, de tout temps, les poètes ont pris soin de marquer l’alliance et la quasi-conjugaison. Le vin divin, le vin d’amour : voilà ses deux attributs, ses deux titres de gloire…  

Toi qui te repais de songe et d’absolu, va au vin ; toi qui cherches le sens des choses, toi qui hèles la justice et la vérité, va au vin ; toi qui aimes la sagesse, va au vin !

 

 Il y a réellement du mystère dans les choses du vin, vous savez, dans les choses de la vigne. Les gens de la ville ont toujours l’air de penser que le vin se fait tout seul. Moi, au contraire, chaque fois que nous vendangeons, je réfléchis, j’ai peur et je me dis : « Mais comment est-ce possible ? Peut-être que cette fois, ça ne va pas marcher du tout. » Je reste planté devant les tonneaux, j’écoute, mon cœur bat comme si, pour la première fois depuis que le monde est monde, j’assistais à la naissance du vin.

 

LA CUISINE PALEOLITHIQUE

Il s’agit de faire front, de retrouver terre, dans le grand affolement des cœurs et des âmes.

 Grand ami du journaliste Frédéric-Jacques Temple, Joseph Delteil a participé à des dizaines d’interviews sur les ondes de la radio diffusion régionale dont Temple était le directeur. C’est au cours d’un de ces entretiens qu’il précisa :

Pour le vin il faut, je vous jure, une espèce d’amour. Et si vous y mettez un peu de foi, d’amitié , alors seulement il se crée entre le vin et vous une espèce de connivence. Oui, c’est le mot : une connivence !

Profitons-en pour saluer la belle connivence qui s’établit un jour entre le vigneron Joseph Delteil et son jeune voisin grabellois, à la Tuilerie de Massane, Jean-Paul Court, grand delteillien s’il en est.

Cette « Cuisine paléolithique » transposée par Jean-Paul Court d’après l’œuvre de Delteil en est un magnifique fruit.

 

A la source à la source Entre cent j’choisis mon pain

A la source à la source De mes pieds je foul’ mon vin.

 

1- Sans un style à feu vif, comment parler cuisine ?

 C’est pure allégria, joie du cœur, bel canto.

Avec un grain de sel sur la queue de l’oiseau

Le patois que je parle est proche des origines ! 

Ne croyez surtout pas aux recettes mirifiques,

Ne vous attendez pas à de grandes trouvailles.

J’ai voulu préserver quelques points de détail :

La cuisine de Dieu est paléolithique.

 

2- Janvier, le mois du porc, cochonnailles et fromages,

Février belles viandes, truffes et coquillages,

La salade de mars, cannetons et poissons,

Avril et ses agneaux, les veaux, les champignons !  

Les asperges de mai, la fève, l’ortolan,

Juin : le temps des cerises et des adolescents.

Juillet avec la caille dans sa feuille de vigne,

Au mois d’août tous les fruits dans le verger s’alignent !

 

3- Septembre c’est la chasse, figues et champignons,

Octobre le grand mois, avec le vin nouveau,

Novembre le chapon et les marrons bien chauds,

Décembre encore la truffe et Seigneur Réveillon !… 

Recette du lapin à la paléolithique :

Attraper un beau gros lapin de garenne en pleine course, par les oreilles ; l’attacher par les pattes arrières à un joli tronc d’arbre – si possible un résineux – au centre d’un bois de quelque vingt, vingt-cinq hectares ; sans plus de façons mettre le feu à toute la forêt ; Manger la bête sans sel, assis sur les roches encore chaudes et parmi les odeurs divines de cet incendie sylvestre.  

Je veux vivre une vie comme les premiers hommes,

Une vie naturelle comme il y a cent mille ans,

J’ai inscrit au fronton de ma maison des champs :

Il faut vivre de peu ! A mort l’ère de l’atome !

 

Charles CROS

 

La chanson que nous donnons ici n’est peut-être pas le chef d’œuvre du Fabrezanais  Charles Cros auteur dans le dernier quart du 19ème siècle de divers travaux scientifiques et d’une oeuvre poétique toute de symbolisme… Mais elle lui permettra – sans doute – lui qui mourut d’excès de toutes sortes (et notamment dans le domaine de la boisson) de gagner l’immortalité.

 Mise en musique et harmonisée par Jean-Marc Boudet, musicien à l’Orchestre de Montpellier, compositeur, fondateur-animateur de la Guinguette à six sous,…, cette Chanson des Hydropathes était l’hymne du club du même nom, dans les années qui suivirent la Commune, à Paris.

LA CHANSON DES HYDROPATHES

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/08-Chanson-des-hydropathes.mp3|titles=08-Chanson des hydropathes]

Le vin est un liquide rouge

Sauf le matin quand il est blanc

On en boit dix on boit vingt coups et vlan

Quand on en a trop bu tout bouge

Buvons donc le vin rigolo

Blanc le matin rouge à la brune

Qu’il fasse clair de soleil clair de lune

Nous souffrons de l’eau, nous souffrons de l’eau 

Hy hy hy hy

hydropathes chantons en chœur

La noble chanson des liqueurs

hydropathes chantons en chœur

La noble chanson des liqueurs  

Dorée de futures aurores

La bière est un liquide amer

Il nous en faudrait une mer

Pour rincer nos gosiers sonores

Les bocks font bien dans le tableau

Buvons la bière blonde ou brune

Qu’il fasse clair de soleil clair de lune

Nous souffrons de l’eau, nous souffrons de l’eau

Refrain 

Le vermouth le bitter l’absinthe

Nous font des trous dans le gésier

On ne peut que s’extasier

Sur l’éclat de leur triple teinte

Rouge jeune vert triple flot

Diaprant la foule commune

Qu’il fasse clair de soleil clair de lune

Nous souffrons de l’eau, nous souffrons de l’eau

Refrain

 

Jean-Paul BONFILS

 

Ah ! Comme il eut été dommage de laisser Jean-Paul Bonfils (scientifique français de la fin du vingtième siècle) sur le bord de notre route en compagnie des poètes… Son ambition désormais – son deuxième album l’affiche clairement – est de nous traduire la poésie. Enfin !

… Alors bienvenue Jean-Paul, tu peux venir avec ton cubi, tu es ici chez toi !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Bonfils-Vénus.mp3|titles=Bonfils – Vénus]

VENUS 

Ahhhh ! Ohhhh !

J’ai rencontré une déesse

tout droit sortie de la mytho-

logie beauté aveyronnaise

une vraie Vénus de Millau

j’ai croisé cette beauté fatale

un jour sur un chemin communal

elle venait d’acheter un kilo d’olives

et moi un cubi de rouge à la coopérative

 

Ahhhh ! Ohhhh !

En arrivant à sa hauteur

elle m’a souri ça m’a mis en sueur

Je me suis senti l’âme d’un poète

et je lui ai proposé de la ramener dans ma brouette

sur le chemin du retour

j’ai voulu lui composer une chanson d’amour

trouver de belles tirades magiques

qui de nos poètes couperaient la chique

 

un madrigal une rhapsodie un acrostiche

ou une élégie une pastourelle un verset

ou même un quatrain bien torché

qui tourne rond tout en alexandrins

Mais ce qui sort de mon encéphale

C’est aussi fin qu’une statue de Nicky de Saint-Phalle

j’aurais beau me frapper la tête contre un baobab

y’aurait pas moyen d’en sortir un dodécasyllabe

 

Bouhhhh ! Bouhhhh !

On allait bientôt arriver

Et je n’avais toujours rien tenté

Je me dis j’y vais franco On verra bien

Ça passe ou ça casse

C’est la loi du tout ou rien

Mon tenon cherche une mortaise

Lui dis-je assez mal à l’aise

Mais à l’énoncé de ma métaphore

Elle me saute au cou en criant « je t’adore ! »

 

Ahhhh ! Ohhhh !

Mais elle rajoute « toi t’es pas bégueule

Comme ces intellos qui jouent au scrabble

Ça tombe bien j’ai acheté des amuse-gueules

Viens avec ton cubi on va se beurrer la gueule »

Euh ! Ne contrôlant plus la situation

Je largue la gueuse au pied de sa maison

Pris de panique je fous le camp avec ma brouette

Et je rentre chez moi tout seul comme un anachorète

 

Jean-François HOMO

Avant tout comédien et metteur en scène, directeur artistique de la compagnie du Beau Parleur à Nîmes, Jean-François HOMO avoue aussi une véritable passion pour la chanson. Malgré les difficultés rencontrées par tous ceux qui se vouent ici (je veux dire en Languedoc) à cet art (certains parlent même d’une « terre de mission ») il propose plus ou moins régulièrement de découvrir ses propres compositions soit en concert, soit en CD. Parmi les titres auxquels j’ai pu ainsi avoir accès, j’ai retenu ce « Bistrot du port » que j’ai toujours beaucoup aimé et qu’il m’est même arrivé de chanter sur scène… Non, mais !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Jean-François-Homo-Le-bistrot-du-port.mp3|titles=Jean-François Homo – Le bistrot du port]

LE BISTROT DU PORT 

Tu choisis un bistrot du port

Le seul qui soit encore humain

Ça fera mieux dans le décor

Si t’as la guitare à la main

Tout l’monde te branche

Bois donc un coup joue nous Johnny

Une fille s’approche

Dis : tu connais Jeux interdits ?

 

Jolie bouteille sacrée bouteille

Non ce n’était pas le radeau

A la Bastille on aime bien

Hisse et ho Santiano

Et dans la nuit le cœur

Des naufragés résonne

Quand tu reprends :

I can get no satisfaction

 

Le bistrot largue les amarres

C’est toi qui hisses la grand voile

C’est l’amitié qui prend le quart

Et qui hurle à la belle étoile

Tes routes te ramènent

Toujours dans la marge

C’est là qu’on entend le mieux

 L’appel du grand large

 

Tu choisis un bistrot du port

Le seul qui soit encore humain

Ça fera mieux dans le décor

Si t’as la guitare à la main

 

GABRIELLE

Comme dans toutes les régions de France j’imagine, la chanson connaît depuis quelques années un regain de créativité important – ignoré pour l’essentiel par les industries culturelles – relayé par de nombreux jeunes artistes.

C’est vrai bien entendu en Languedoc Roussillon, et tout particulièrement à Montpellier où un grand nombre de jeunes créateurs, auteurs – compositeurs – musiciens – interprètes se sont révélés.

Parmi eux Gabrielle nous est apparue comme une des rares a traiter au moins de l’ivresse dans l’une de ses chansons… Le monde nouveau en train nécessairement de naître serait-il étranger à l’humanisme porté par les civilisations du vin ?

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Gabrielle-Ivresse.mp3|titles=Gabrielle – Ivresse]

 

IVRESSE 

Qui es-tu pour me surprendre ainsi

Toi mon ivresse ?

Tu déboules dans ma vie

Sur les trottoirs nocturnes de Paris

Tu me prends dans ton tourbillon de lumière

Et fait valdinguer les frontières

 

Je sens le sol s’éloigner

Et ma tête chavirer

Tout me semble plus léger

 

D’où viens-tu pour me parler ainsi

Toi mon ivresse ?

Du monde des fous ou de celui des fées ?

Eloigne-moi de cette prudence qui nous paralyse

Remplis-moi de cette jouissance qui te caractérise

 

Je sens les mots s’envoler

Et mon corps s’embaumer

D’un parfum de liberté

 

Mais ne te transforme pas en vice

Toi mon ivresse

Je t’aime belle, heureuse et douce

 

(à suivre)

 

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Jeff-Buckley-Lilac-Wine.mp3|titles=Jeff Buckley – Lilac Wine]

Quelle magnifique interprétation que cette chanson de et par Jeff Buckley ! 

Lilac Wine (Vin Lilas)

I lost myself on a cool damp night
Je me suis perdu dans une nuit fraîche et humide
I gave myself in that misty light
Je me suis dirigé vers cette lumière brumeuse
I was hypnotized by a strange delight
J’étais hypnotisé par une grande joie étrange
Under a lilac tree
Sous un lilas

I made wine from the lilac tree
J’ai fais du vin à partir du lilas
Put my heart in its recipe
Mis mon coeur dans cette recette
It makes me see what I want to see
Cela m’a permis de voir ce que je veux voir
And be what I want to be
Et d’être ce que je veux être

When I think more than I want to think
Quand je pense plus que je ne veux penser
Do things I never should do
Je fais des choses que je ne devrais jamais faire
I drink much more that I ought to drink
Je bois beaucoup plus que je ne devrais boire
Because it brings me back you
Parce que ça me ramène près de toi

Lilac wine is sweet and heady,
Le vin lilas est doux et capiteux
Like my love
Comme mon amour
Lilac wine, I feel unsteady,
Vin lilas, je me sens instable
Like my love
Comme mon amour

Listen to me, I cannot see clearly
Ecoute-moi, je ne peux voir clairement
Isn’t that she, coming to me
N’est-ce pas elle, qui est en train de venir à moi
Nearly here
Près d’ici

Lilac wine is sweet and heady,
Le vin lilas est doux et capiteux
Where’s my love ?
Où est mon amour ?
Lilac wine, I feel unsteady,
Vin lilas, je me sens instable
Where’s my love ?
Où est mon amour ?

Listen to me, why is everything so hazy ?
Ecoute-moi, pourquoi tout est si brumeux ?
Isn’t that she, or am I just going crazy, dear
Est-ce elle, ou suis-je en train de devenir fou, chérie

Lilac wine, I feel unready for my love
Vin lilas, je ne me sens pas prêt pour mon amour
Feel unready for my love
Je ne me sens pas prêt pour mon amour

Merci Patricia !

Cinq épisodes encore et nous atteindrons le but… Vous l’avez mérité !

PATRIC

 

Dans une discographie presque entièrement vouée à la langue occitane, Patric, chanteur occitan sans doute le plus populaire de ces trente dernières années, a également donné quelques titres en français tel ce « Dieu me damne » véritable prière bachique dont après tout, il ne tient qu’à nous (et sans doute à une visite commentée des Coteaux du Languedoc) qu’elle atteigne à l’exhaustivité.

Né sur les bords de l’étang de Thau, après de nombreuses tournées dans le monde entier, notamment en Afrique, en Scandinavie et aux Etats-Unis, Patric est aujourd’hui à la tête d’une vingtaine de disques tous édités ou réédités par sa maison de production Aura.

DIEU ME DAMNE

1- Dès que le soleil se lève que j’entends le chant du coq

Je commence ma prière aux Coteaux du Languedoc

De St-Jean-de-la-Blaquière à St-Christol, St-Saturnin

De St-André, St-Georges d’Orques en passant par St-Guilhem 

Dieu me damne ! Ora te pro nobis

Dieu me damne ! volem beùre al pais  

2- Je veux me sauver des flammes en invoquant St-Chinian

Et chanter Dieu me damne parce que je suis fort croyant

Cette longue litanie me poursuit tard dans la nuit

Et ma journée se termine en priant St-Drézery 

Dieu me damne ! Ora te pro nobis

Dieu me damne ! volem beùre al pais  

3- St-Mathieu et St-Pargoire je vous implore tout haut

Et je chante votre gloire allongé sous le tonneau

Ste-Croix et St-Nazaire St-Bauzille et St-Guiraud

Ecoutez bien ma prière ma litanie des Coteaux 

Dieu me damne ! Ora te pro nobis

Dieu me damne ! volem beùre al pais  

4- Pour quelques fautes commises j’en implore St-Sériès

Le soir seul dans ma cuisine après quatre St-Genies

Et si la faute est trop grande trois St-Félix-de-Lodez

Et pour faire bonne amende quelques St-Gely-du-Fesc 

Dieu me damne ! Ora te pro nobis

Dieu me damne ! volem beùre al pais  

5- Entre Langlade et Faugères entre la Clape et Claret

Il y aurait de quoi refaire un nouveau calendrier

Que les Coteaux me pardonnent ceux que je n’ai pas cités

Mais leurs noms sur mes bonbonnes les ont bien canonisés 

Dieu me damne ! Ora te pro nobis

Dieu me damne ! volem beùre al pais  

6- Pardonne-moi grand St-Pierre si j’ai oublié ton nom

Tout au long de ma prière de mon humble procession

Et si tu me fermes ta porte pour le jugement final

Ne m’en veut pas si j’emporte avec moi un cardinal.

 

Yves DAUNES

« Je suis entré dans la chanson par la petite porte et j’en sortirai sans laisser de trace… » écrivait Yves Daunès, le troubadour Yves Daunès, à l’ouverture de son livre « Par la petite porte » où déjà, il y a plus de trente ans, il faisait un premier bilan de son parcours d’artiste (et je n’ai volontairement pas utilisé le mot « carrière »).

… Sans laisser de trace ? Trente ans après il suffit d’écouter un CD, de retrouver un vieux vinyl d’Yves Daunès pour se rendre compte que les traces sont là et… qu’elles comptent !

 

 

LE VIN DU DIABLE

Par une nuit sans lune

J’ai pris la clé des champs

La roue de la fortune

Grinçait en ce temps-là

J’ai visité la foire

Des idées toutes faites

Les ai mises dans ma tête

Pour essayer d’y croire. 

Refrain 1 :

J’écris ces quelques lignes en souvenir de moi

si je n’ai plus de vignes c’est depuis que je bois

la coupe que le diable me tendit sous la table

sur un rythme de valse s’en sont allées mes illusions

mais la vie s’en balance et tout finit par des chansons  

Par une nuit d’ivresse

J’ai pris la clé des cœurs

Bondissant d’allégresse

Dans un verre de liqueur

Au fond de quelque rêve

J’ai rencontré l’amour

La rencontre fut brève

L’extase tourna court 

Refrain 2 :

J’écris ces quelques lignes en souvenir de toi

si je n’ai plus de vignes c’est depuis que je bois

la coupe que le diable me tendit sous la table

sur un rythme de valse s’en sont allées nos illusions

mais la vie s’en balance et tout finit par des chansons  

Par une nuit de chance

J’ai pris la clé des vents

Au pays d’oubliance

J’ai trouvé le néant

La rencontre fut bonne

J’avais trouvé ma voie

Je ne suis plus personne

Je ne suis plus que moi

Refrain 3 :

J’écris ces quelques lignes en souvenir de rien

si je n’ai plus de vignes c’est que, je m’en souviens

c’est que le vin du diable je l’ai bu sous la table

sur un rythme de valse s’en sont allées nos illusions

mais la vie s’en balanceet tout finit par des chansons  

Par une nuit fantasque

J’ai pris la clé de sol

J’ai déposé le masque

Derrière un si bémol

J’ai courtisé les muses

Leur ai fait des enfants

Depuis je m’en excuse

Je modifie mon chant 

Refrain 3 :

J’écris ces quelques lignes en souvenir de vous

si je n’ai plus de vignes depuis que je suis fou

c’est que le vin du diable je le bois sur la table

sur un air de guitare sont revenues mes illusions

mais la vie s’en balance et je retourne à mes chansons

 

Bernard POCHET

Dans un monde policé, de plus en plus voué à la pensée unique, on a oublié que le vin, notre vin, nos vignes, ont aussi suscité l’imprécation…

Venue du fond de l’Aude, solitaire, absolue, la voix de Bernard Pochet « chansonnier d’origine incontrôlée » nous le rappelle presque avec violence. C’était pourtant il y a trente cinq ans à peine !

 

 

SUPPLIQUE AUX VIGNERONS DU LANGUEDOC

Le vin c’est sain mais c’est pas fait par des p’tits saints

On sulfate la vigne que veux-tu Minervois Var Corbières Hérault

Mais où donc est la joie de vivre des vignerons du Languedoc

Tu vends ton vin au mandataire coopérative interposée

Tu t’fais couillonner en beauté par Préfontaines et Nicolas

Les vins qui craquent l’estomac quelle publicité de choix

Quand Corbières ou quand Minervois est en vente au supermarché

De Paris ou de Levallois Il est trafiqué dégueulasse

C’est plus du vin c’est d’la vinasse Tous les promoteurs viticoles

Tous les traficotteurs d’alcool Et pour un prix bien dérisoire 

Vide ton vin d’son p’tit goût d’terroir C’est comme si t’envoyais tes filles

Se prostituer rue Saint-Denis Ton vin c’est tout ton horizon

Et tu le donnes pour un quignon Aux profiteurs et aux voleurs

Ne chiales donc plus sur les Cathares Sur l’Occitanie francisée

Pense plutôt qu’avec ton pinard Et si tu te démerdes bien

Sur le marché européen Tu vendras tes pots de vin

Mieux que Dassault donne les siens La France premier pays marchand d’canons

Des canons d’ rouge bien entendu De vin-purée pas corrosifs

Du genre laxatifs explosifs Mais un p’tit vin bien de chez nous

Que Montaigne, Rabelais, Ronsard Ont vanté jusque dans leur art

Fait qu’ ton p’tit vin d’gouttière D’Hérault du Var ou de Corbières

Ne soit pas pris dans le chaos D’la production outrancière

Car si in vino veritas La vérité est dans le vin

Elle peut se cacher dans le puits Et si le puits est asséché

Tu ne pourras plus arroser Ta vigne ta vigne.

 

(Ouf ! A suivre… j’espère)

 

 

Hervé TIREFORT 

Né dans les Corbières et… pharmacien diplômé, Hervé Tirefort est un des dignes descendants des grands chansonniers français passant l’actualité à leur moulinette verbale sans pitié.

Il cultive aussi avec bonheur la grande flamme fantaisiste et poétique allumée par Charles Trenet…

Avec un immense respect et d’étonnantes capacités mélodiques, il se met aussi régulièrement au service des poètes : Charles Cros, Germain Nouveau, Joseph Delteil et bien d’autres.

Le titre de la chanson que nous donnons ici est également le titre d’un spectacle qu’Hervé a entièrement consacré à la vigne et au vin.

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/06-HTirefort-in-vino-veritas.mp3|titles=06-HTirefort – in vino veritas]

IN VINO VERITAS 

C’est un message d’amitié Qui nous vient de l’Antiquité.

C’est la sueur du journalier Sous le soleil, exténué.

C’est le chant de la moussaigne, La transsubstantiation

C’est le fromage et la châtaigne. C’est l’alchimie des relations.

 

C’est la révolte des ouvriers Un Chat Noir et théâtral

La table ronde du gibier Orphée Faust ou Parsifal

C’est boire mieux plutôt que trop C’est AOC VDQS

C’est le chabrol du gaspacho Et c’est plus

In vino veritas

 

Si tu bois dans mon verre de vin l’ami Jusqu’à la lie, d’un trait

Je saurai te dire qui tu es Bon ou mauvais

 

Père Noe j’ai le cafard Il m’faut un vin à câliner

Apporte-nous un bon Pommard Que je le fasse dodeliner

A chaque verre de vin convient un âge Et vu ton goût pour le célibat

Celui qu’je garde pour ton mariage Sera bien vieux quoiqu’il en soit

Refrain

C’est l’œuvre d’art de l’œnologue C’est l’écritoire des copieuses

C’est l’elixir du cardiologue Et le sanglot des variqueuses

C’est l’Eau-de-vie du bolchevik Et le gosier de la bécasse

Le nectar du Mont Alaric Et c’est plus in vino veritas 

Refrain

 

MEGOTS D’AMOUR 

Décidemment ce « Vin des poètes » ne recule devant aucun sacrifice. Voilà que, pour le même prix chers amis lecteurs, vous avez l’occasion de vérifier vos connaissances dans le domaine de la philosophie grecque grâce à ces « Conseils bachiques » d’un auteur anonyme du 18ème siècle mis en musique par Tonio Gemème…

En plus le conseil est avisé !

Pilier du duo « Mégots d’amour » Tonio Gemème, né pourtant à Perpignan, a beaucoup travaillé dans les cabarets parisiens. Ami du regretté Marc Robine, il a ainsi beaucoup enregistré pour l’anthologie « Poètes et Chansons » chez EMI.

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/06-Gilb-Tonio-Conseils-bachiques.mp3|titles=06-Gilb Tonio Conseils bachiques]

chanson chantée par Gilbert Maurin

CONSEILS BACHIQUES

Le cynique Diogène

Ce philosophe d’Athènes

Dormait au fond d’un tonneau

Ce choix-là nous signifie

Que jamais philosophie

Ne s’apprit le bec dans l’eau

Platon cet illustre ivrogne

Qui s’enluminait la trogne

A la table de Denis

Ne puisait que dans la tonne

Tout le feu qui nous étonne

Dans ses immortels écrits

 

De ce nectar délicieux

Buvons buvons à qui mieux mieux

C’est un secret merveilleux

Pour être toujours joyeux

 

Aristote fit de même

Il fournit plus d’un dilemme

Puisé dans ce jeu charmant

Et chaque jour sa logique

Cherchait dans une barrique

Le fin nœud d’un argument

Voluptueux Epicure

Tu n’as connu la nature

Que dans ce jus si divin

Aussi ton noble génie

Met-il sa philosophie

Dans l’amour et dans le vin

 

Refrain

On nous compte qu’Alcibiade

Dévorait force grillades

Le soir dans les cabarets

Et qu’avec le grand Socrate

Il buvait à pleines jattes

Le vin blanc et le clairet

Chers partisans de la coupe

Sachons imiter la troupe

De ces modèles divins

Que chacun dans cette vie

Mette sa philosophie

A bien sabler tous les vins.

Refrain 

 

RENE BALDELLON

Avec quelques autres, trop oubliés, (Jean-René Baïocco ou Angel Gironès par exemple), René Baldellon a été pendant plusieurs années un des jalons nécessaires ayant permis la survivance de la chanson française de proximité dans notre région.

Portant les grands auteurs jusques dans les plus petits villages, auprès des plus petites associations, il a aussi donné une œuvre personnelle attachante largement inspirée par les thèmes qui ont marqué notre histoire récente : le Larzac (superbe chanson) par exemple, mais aussi la vigne et le vin bien sûr, avec cette chanson qui évoque le drame de Montredon.

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/05-René-Baldellon-midi-vin.mp3|titles=05-René Baldellon – midi vin]

MIDI VIN 

Il était grand il était brun il sentait pas le sable chaud

Mais il savait depuis longtemps que le travailleur se lève tôt

Quand aux petits matins d’été ils se croisaient avec la lune

Puis qu’il s’en allait travailler avant la fin de la nuit brune

 

Ficelé à son bout de terre comme un naufragé à sa planche

Il a trimé la vie entière et la semaine et le dimanche

Et vous voudriez maintenant peut-être qu’aujourd’hui il lâche le manche

Mais qu’il est dur de se soumettre qu’il est dur de quitter sa branche

 

C’était cela mon vigneron celui que j’ai connu naguère

Qui tous les ans vendait son vin et par là même gagnait son pain

Mais aujourd’hui les temps sont durs il n’est plus sûr de son destin

Il ressent comme une blessure de n’être plus sûr de ses lendemains

 

Je ne sais pas vous qui passez si vous connaissez bien l’histoire

De ce vin qui vous fait chanter quand dehors il peut bien pleuvoir

Ce n’est pas du tout par hasard si sa couleur est rouge sang

Car des hommes ont versé le leur pour l’amour de quelques arpents

 

Y’en a même un qui est tombé tout près du pont de Montredon

Et la balle qui l’a fauché n’a pas osé dire son nom

C’est pour cela que ma région terre d’échange et de passage

Où la vigne était religion aujourd’hui pourtant tourne la page

 

Des Faugères jusqu’au Minervois et du picpoul à l’Estabel

Quelques bouteilles que tu bois te rendraient la vie bien plus belle

A toi qui passes à toi touriste laisse-toi griser pour un soir

Car chez nous y’a pas de chimiste qui embouteille le terroir

 

S’il est des imbéciles heureux qui sont issus de quelque part

On revendique comme on peut l’origine de son terroir

Moi je ne renierai jamais cette terre qui m’a vu naître

Que l’on convoite désormais que vous aimez déjà peut-être

 

 Marie-Hélène COURTIN

Si la parité est, de façon générale, assez bien respectée dans le monde du spectacle, rares par contre sont les femmes qui ont célébré le vin dans leurs œuvres (même si comme on l’a vu précédemment elles sont de plus en plus présentes).

… Sans doute a-t-il fallu à Marie-Hélène Courtin un père vigneron – au cœur de la Vaunage – pour nous donner ce très beau texte d’hommage au travail de la vigne, à cette sorte de combat solitaire, fondamental, avec la terre.

Auteur-compositeur-interprète, musicienne et comédienne, Marie-Hélène Courtin parcourt depuis près de 35 ans les scènes du Languedoc. Elle a cinq albums de chansons à son actif.

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/03-MH-Courtin-TU.mp3|titles=03-MH Courtin – TU]

 TU

Tu as passé ta vie

A surveiller le ciel

A craindre trop de pluie

Le mildiou ou le gel

Tu t’en allais dès le chant des oiseaux

Au point du jour au pas lent des chevaux

Tu partais pour ta vigne

Seul comme en éclaireur

Guettant le moindre signe

De vent avant-coureur

Espoudasser en novembre

Gabeller les sarments

Sulfater au printemps

Tailler à carême ou cendres

Sous un mistral cinglant

Soufrer à la St-Jean

Labours par tous les temps 

 

Tu as passé ta vie

A redouter la grêle

Oïdium ou cochylis

Entre bardane et prèle

Gourde et musette au fond d’un cageot

Ton vieux béret ta chemise à carreaux

Tu as passé ta vie

Assis sur ton tracteur

Brinquebalant fier et digne

Chariot enjambeur

Hottes comportes et seaux

Serpette ou sécateur

poissent dans la chaleur

Pastières et tombereaux

S’emplissent d’heure en heure

Sous les mains des coupeurs

Au pas lourd des porteurs

 

Tu as passé ta vie

Dans le froid dans le vent

Dans la boue sous la pluie

Sous un soleil brûlant

Tu as passé ta vie

A bichonner ton vin

De pressoir en demi-muid

A la St-Martin

Muscat œillade cabernet cinsault

Syrah grenache chardonay merlot

Marsanne roussane carignan aramon

Cabernet sauvignon

Tu as passé ta vie

Entre lavande et thym

Oliviers tamaris

Tramontane et marin

 

Tu finiras ta vie

un soir plein de douceur

quand la terre se résigne

à calme et torpeur

Lorsque l’automne incendie les coteaux

Et met au ciel gris des vols d’étourneaux

Quand octobre dans les vignes

Fait place aux grappilleurs

Aux pies aux poireaux de vigne

Perdrix rouges et chasseurs

Roquette pêches de vigne

Et merles moqueurs

 

Daniel BOURGUET

Qui dira les chemins divers qu’emprunte l’inspiration lorsqu’il s’agit d’écrire un poème ? Une chanson ? Tous les textes que nous citons dans ces pages parlent de vin, mais décidément ils le font sur tous les tons, mêmes les plus extrêmes…

Heureusement d’ailleurs que l’irrévérence se pratique encore un peu aujourd’hui, et que dans nos sociétés de plus en plus idéologiquement fermées, il est encore des artistes pour surprendre et interpeller.

Daniel Bourguet, militant engagé sur bien des fronts, est l’auteur d’une oeuvre chantée importante, essentiellement basée sur la fraternité et le rapprochement des peuples, auteur de la Méditerranée.

 

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/08-DBourguet-Le-vin-nouveau.mp3|titles=08-DBourguet – Le vin nouveau]

 

LE VIN NOUVEAU

J’ai jamais obéi à un sergent

J’ai déjà fait les vendanges

J’ai jamais mis la main sur un fusil

J’ai déjà pris une cuite

Qui tue le plus entre un soldat et un patron de bar

J’veux pas l’savoir

Tant j’ai la peur des militaires

Des dictateurs et de la guerre

Refrain : 

Le vin nouveau est arrivé

On va en vendre au monde entier

Ce serait beau Mr Dassault

Si on vendait au monde entier

Plus de pinard que d’armes (bis)

J’aimerais voir Netanyaou un peu saoul

Avec Arrafat danser le zouk

J’aimerais voir tous les salauds d’l’univers

A l’amitié lever leurs verres

Qui tue le plus entre un chauffard et un pilote de char 

J’veux pas l’savoir 

Tant j’ai la peur des militaires

Des dictateurs et de la guerre

Refrain

On m’avait dit qu’il fallait une armée

Pour notre sécurité 

Mais c’est sur nous qu’ils sont venus cogner

Quand on criait liberté

Entre un flic et un verre de pinard qui tue le plus l’espoir

J’veux pas l’savoir

Tant j’ai la peur des militaires

Des dictateurs et de la guerre

Refrain :

Le vin nouveau est arrivé

On va en vendre au monde entier

Ce serait beau Mr Dassault

Si on vendait au monde entier

Plus de pinard que d’armes (bis)

Le vin nouveau est arrivé

On va en vendre au monde entier

Mais Mr Dassault n’est pas beau

Il n’a pas voulu m’écouter

Aussi je vais m’saouler (bis)

 

Christian MIRAILLES

Qui n’a pas connu Christian Mirailles ne sait sans doute pas combien les hommes peuvent aussi gaspiller leurs talents, les perdre dans de pauvres éclats illusoires dispensés par l’alcool.

Dans la brutalité de l’ivresse, rares sont ceux qui s’y voient du génie, et la peur du vide devient terrible alors pour celui qui finit par douter de tout et surtout de lui-même.

Notre ami Mirailles a un jour franchi les limites que la vie essaie (trop souvent en vain) de nous apprendre, et il s’en est allé… Il aurait eu pourtant beaucoup de choses encore à nous dire.

Auteur de cette « nonette » rendue à son humanité, Jean-Pierre Tabard était le parolier favori de Christian Mirailles.

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/07-Ch.Mirailles-la-Nonette.mp3|titles=07-Ch.Mirailles – la Nonette]

LA NONETTE

La nonette dansait dans la cave du cloître

Les jupes relevées sur ses genoux trop blancs

La nonette dansait et ses jambes d’albâtre

Faisaient des entrechats

Elle virevoltait légère hiératique

Un sourire d’extase sur ses lèvres d’enfant

Ses sandales glissaient sur les dalles rustiques

Et crissaient sous ses pas

Refrain :   

Seigneur tu fis la vigne et le jus de raisin

Gloire soit à ton nom gloire soit de tes grappes

Maria veritas in vino carpe diem

Trois pater trois ave à celui qui m’attrape

 

La nonette chantait en tenant dans ses mains

Une coupe d’un vin au parfum enivrant

Le liquide tanguait à chaque tour de rein

A chaque pas de danse

Tout en se déhanchant elle portait coquine

A sa bouche ingénue le nectar gouleyant

Par petites gorgées l’insolente frangine

Se grisait en cadence

 

La nonette voguait entre les fûts de chêne

Goûtant de ci de là aux ambres veloutés

Sa langue clapotait et donnait à la scène

Un air de cabaret

Et la petite sœur emportée par les brumes

De l’alcool et du rythme paraissait envoutée

A gorge déployée légère comme une plume

La drôlesse riait

 

La nonette planait au dessus du couvent

Un pâtre doux et blond l’enlaçait à la taille

De jeunes angelots scandaient à tous les vents

Saint-Eloi n’est pas mort

La pauvrette en rêvant poussait de longs soupirs

Agitant ses mollets sous la bure en bataille

La poitrine oppressée du feu des élixirs

Qui lui brûlaient le corps

 

Lucifer jubilait et riait tant que presque

Il en était touchant sympathique ; pour sûr

L’ivresse de la none n’avait rien de dantesque

A peine purgative

L’enfer cré nom d’un diable avait d’autres valeurs

Ce n’était pas le lieu de vénielles encornures

Il supplia le ciel qu’on laisse à ses vapeurs

La cornette émotive

 

La nonette pleurait au fin fond du couvent

Un bol de vin de messe entre ses mains d’albâtre

Elle priait priait fort religieusement

Bacchus et Dionysos

Le tout-puissant là-haut n’en demandait pas tant

La nonette le vieux n’en avait rien à battre

Son verdict retentit sec laconiquement

Votre sœur c’est un os.

 

Gérard FRANCO

 

Dans les vagues de notes aigrelettes qui accompagnent les joutes dans le midi, parmi les cris des hautbois et les percussions des tambourins, du côté de Sète et de l’Etang de Thau, dans sa tenue blanche immaculée, vous apercevrez nécessairement Gérard Franco qui (au-delà de quelques chansons plutôt sympathiques comme « l’Esprit du Vin » que nous donnons ici) s’est essentiellement voué à cette musique populaire très codée qui retentit tous les étés au bord des canaux de nos villes côtières…

Il existe une version de cette chanson « revue et corrigée » par Hervé Tirefort. Heureux également ceux qui la connaissent !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/09-GFranco-esprit-du-vin.mp3|titles=09-GFranco – esprit du vin]

Vous entendez ?

Comme dit le poète : y’a pas seulement à Paris ! Peut-être même qu’on pourrait faire un chapitre semblable… en Provence, en Bretagne ou du côté du Nord. En Pays de Loire ? Oui ! En Bourgogne ? Oui ! Partout je vous dis… D’ailleurs si ça tente quelqu’un je suis preneur.

 

Gilbert MAURIN 

Ils sont évidemment nombreux les auteurs-compositeurs du Languedoc Roussillon qui ont traité du vin dans leurs oeuvres.

Je me souviens encore de la première fois où j’ai rencontré Gilbert Maurin. C’était au « Chien qui fume » en Avignon et il chantait en s’accompagnant, lui le brillant guitariste, d’un synthé.

Sacré Gilbert. Depuis nous avons fait une longue route ensemble et j’espère qu’elle n’est pas près de s’arrêter !

Depuis une dizaine d’années nous partageons, Gilbert et moi, l’aventure du Cabaret du Vin qui, sans manager s’il vous plaît, sans plan de carrière, a quand même existé plus de 150 fois sur les scènes françaises. Certes nous ne sommes pas allés jouer à l’Olympia, ou au Zénith de Tourcoing, mais nous avons connu bien des bonheurs, bien des heures de franche fraternité comme seul le vin peut en promettre et en donner.

Pour qui daigne écouter (mais où sont les directeurs artistiques, les « critiques » d’antan ?), les chansons de Gilbert Maurin dessinent un univers qui, décidemment, n’appartient qu’à lui (Imaginez Souchon avec l’accent du midi). Au-delà de ses titres sur le vin, je vous souhaite de découvrir « Les filles de quatre ans », « Gratteur de guitare », ou « Sketchs familiaux »… Hum !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/02-Gilbert-Maurin-Le-vin-cest-divin.mp3|titles=02-Gilbert Maurin – Le vin c’est divin]

LE VIN C’EST DIVIN 

« Qu’importe le flacon Pourvu qu’on ait l’ivresse »

Mais quel est le vrai con L’auteur de mes fesses

Qui a sorti cette bourde ? Etait-il pompette

Au point que dans sa gourde Y’ait eu de la piquette ?

Refrain 1 :

Le vin c’est divin C’est le refrain Le vin c’est divin

Y’a d’abord tous ces mots Ces petits bijoux

Va donc parler de l’eau… Quel manque de goût,

Tu as juste un adjectif Pour construire un vers,

Tandis que là, au pif Tu en as plein ton verre

Refrain 2 :

Le vin c’est divin C’est le refrain Le vin c’est divin

Le couplet plus léger Subtil ou plus corsé Se chante le verre à la main !

La la la………….

Après y’a la géo, Le sol, les cailloux,

La pente du côteau, Les minimas d’août,

Les humeurs de la lune, Le souffle du vent,

La vigne qui s’enrhume Au mauvais moment.

Refrain 1 :

Au bout y’a le caveau Mais pas moribond,

Plutôt un peu poivrot, A moitié chiffon.

A mélanger les crus, A risquer la cuite

Et toute honte bue Attaquer la suite.

Refrain 2 :

Tous les chemins du vin Mènent à l’arôme.

Y’a le curé du coin Qui en connaît un psaume.

Chercher le fin du vin C’est  pour l’honnête homme

Et siffler ce refrain, Boire c’est tout comme.

Refrain 1 :

Et maintenant On va siffler les bouteilles

Avec modération

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/13-Gilbert-Maurin-La-piquette-edAnselme.mp3|titles=13-Gilbert Maurin – La piquette ed’Anselme]

LA PIQUETTE D’ANSELME

Dans cette famille aucun vigneron

Pas le moindre hectare même de cépage aramon

Mais dans mon histoire mon petit bas de laine

Il y eut la piquette de mon grand-père Anselme

Juste un petit bout de treille

Qui donnait quelques bouteilles

En guise de pressoir

Un vieux baquet un entonnoir

Et une paire de bottes en caoutchouc

 

J’allais guilleret en culottes courtes

Mais dans mon enfance j’ai pas bu que du lait du yaourt

Mon grand-père Anselme il parlait comme ça

Un mot de français pour un mot de patois

Si es vengut per la festo podi beure la piquette

Alors j’y ai goûté

deux ou trois verres j’ai vidés

Avant bien sûr de rouler sous la table

 

Comme ça j’ai découvert pas trop tard

Ce que recouvrait l’expression il doit être ganarre

Car on disait ça de Dupont de Dupuis

Et j’ai su qu’on parlait pas de l’eau du puits

Ayant goûté ce breuvage

Je faisais enfin mon âge

J’entrais dans le monde des grands

Mon grand-père Anselme marchait devant

Et ça valait bien un bout de chanson.

 

Jean-Pierre LESIGNE

Qui dira un jour haut et fort  ce que nous devons à Jean-Pierre Lesigne ?… Nous, les auteurs-compositeurs-interprètes du Languedoc attachés à la chanson « à texte », à cet événement majeur de 3 à 5 minutes qui peut tout dire et/ou bouleverser en quelques vers et quelques notes ?

… Jean-Pierre Lesigne qui vint un jour de sa Normandie natale et s’installa au soleil, au cœur d’une garrigue, à la marge du village des Matelles, dans une ancienne forge, et qui avec son luth et sa guitare, son trombone, nous embarqua avec lui dans un monde de jazz et de poésie, un monde de chansons proches…

Bien sûr, il y avait Brassens, Ferré, mais il y avait aussi Jean-Pierre, tout près, et tout devenait donc possible : écrire, chanter…

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/10-JPLesigne-Bourgeois-dormez-bien.mp3|titles=10-JPLesigne – Bourgeois dormez bien]

Au chant : Jacques Palliès, à la guitare et aux percus : Gilbert Maurin 

BOURGEOIS DORMEZ BIEN

Bourgeois dormez bien

Il est quatre heures et tout va mal

J’ai un peu sommeil un peu faim

L’on danse comme des pantins

Lorsque Satan conduit le bal

 

Gevrey Chambertain

Vous avouez que ne suis qu’un

Mot composé qui décompose

C’est encore à peine si j’ose

Compter les vingt doigts de mes mains

 

Tourbillon malin

La terre qui a le tournis

et qui tourne en sens opposé

à celui du millésimé

vin qui fait tourner les esprits

 

Esprit en déclin

Le cerveau battant à l’étroit

Endigué par de lourdes tempes

Il ronge s’immisce et rampe

Braquant les yeux crispant les doigts

 

Gevrey Chambertain

Saoul affalé perclus rendu

J’ai bu mon verre après la lie

J’ai vécu jusqu’après ma vie

Demain nous n’existerons plus

Dans une œuvre foisonnante de plus de 200 titres peut être Jean-Pierre Lesigne a beaucoup écrit sur le thème du vin,…, sur l’amour, le voyage, la vie, le temps aussi,…,

Pour lui le vin est une aventure intime qui se partage… et combien de fois nous l’avons en effet partagée cette aventure, jusqu’au petits matins souvent, pâlissant les collines couvertes de kermes, en attente d’un monde nouveau où nous serions enfin à notre place…

Il faut tout faire pour sauver l’œuvre de Jean-Pierre Lesigne !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/09-JPLesigne-Lalcoolique.mp3|titles=09-JPLesigne – L’alcoolique]

Au chant : Jacques Palliès; à la guitare et aux percus : Gilbert Maurin 

L’ALCOOLIQUE  

Quelquefois au début, j’étais un peu surpris

J’avais prévu mon vin pour toute une soirée

Le goulot est trop grand il a trop fort débit

Le flacon mauvais fond ma carafe est truquée

Je ne suis pas adroit mais mon verre je le tiens

Droit et si fermement que j’en perds pas trois gouttes

Mon chat n’est pas voleur il est sobre mon chien

Comme je vis seul chez moi il m’est venu des doutes

 

J’ignore ce qu’il se passe autour de mon sellier

Auprès de mon buffet et dedans mes bouteilles

La roulure de sa race le soiffard dévoyé

Qui pipe mon rosé m’échauffe les oreilles

 

Vous pensez méfiants hommes de peu de foi

Et pourtant sachez-le chez moi ça tient sa place

Sceptiques des valeurs et du respect des lois

Je crois ce que je bois si l’on boit dans ma tasse

On sait bien de quel bois je chauffe mon gosier

On sait les risques pris on sait les représailles

Je couperai la main qui vide mes casiers

Arracherai les yeux boufferai les entrailles

 

Qu’on ne me dise pas que ce sont les esprits

Ou les insectes noirs qui grimpent mes murailles

Qui me donnent la fièvre et attaquent mon lit

Ils ne boivent jamais toujours ils me bataillent

Je bois vite cul sec sans détourner les yeux

Et je garde à la main ma bouteille entamée

Il aspire puissant discret en moins de deux

Mon vin j’ai soif encore ma carafe est vidée

 

Il est noyau de pêche désert et crachat blanc

L’assoiffeur le bourreau mon camp de la mort lente

Vampire de mon bonheur naufrageur d’innocent

Sournois chacal serpent pourri dégonflé tante

Ose un peu te montrer ou laisse moi mon vin

Interdit de séjour ici allez la trique

Soiffard pochard ivrogne fais pas chier le marin

Ou t’auras des ennuis va donc Hé alcoolique

 

(à suivre)

 

Adèle, Corbier, Bourgeon… avant les chanteurs d’ici.

ADELE

 

C’était au temps d’Adèle et Léon… Adèle D. Le Corre écrivait et chantait déjà des chansons sur des thématiques qui faisaient d’elle un peu… l’exception qui confirme la règle.

Au milieu de ses jeunes collègues de la nouvelle scène française (il faut absolument écouter les disques d’Adèle chante ou la découvrir en concert) elle parlait certes d’amour, de nostalgie, du temps qui passe, mais aussi de vin, d’ivresse… Une exception je vous dis !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Je-bois-du-vin-Adèle.mp3|titles=Je bois du vin – Adèle]

JE BOIS DU VIN

Quand j’ai bu cinq à six bouteilles

Quand j’ai trucidé mes litrons

La vie c’est du même au pareil

Mais j’pousse encore un peu l’bouchon

Car pour l’ivresse des sommets

Faut pas lésiner sur la dose

Moi j’bois du vin et y’a pas d’mais

J’repeins en rouge ma vie morose

Refrain :

Moi j’bois du vin V’là ma rengaine

Vive le tanin  Qui noie mes veines

Boit  mon chagrin Et broie ma peine

 

Quand enfin je me sens bien grise

Les joues en feu et l’œil éteint

Quand enfin l’alcool me déguise

D’un masque de joyeux lutin

J’ouvre encore un dernier flacon

Faut pas lésiner sur la dose

Moi j’bois et j’demande pas d’pardon

J’la veux sanguine ma vie en rose

Refrain :  

Et quand tous les poivrots seront morts

J’s’rai encore accrochée au bar

Même si ça tangue j’vir’rai pas d’bord

Le pied marin j’tiendrai la barre

Et j’boirai un dernier p’tit coup

Faut pas lésiner sur la dose

Et j’boirai pour donner du goût

A ma vie qui vaut pas grand chose

Refrain : 

 

François CORBIER

Bien sûr on pourrait calculer le nombre de tartes à la crème reçues par François Corbier pendant la dizaine d’années qu’il a passé à la télévision française dans les émissions enfantines de Dorothée… et regretter leur incidence sur la carrière, l’œuvre d’un des meilleurs auteurs-compositeurs actuels de la chanson française porteuse de sens, elle-même portée par une sensibilité et un humour à la densité rarement atteinte. Oui ! N’en déplaise aux pâtissiers, François Corbier est un grand… Même dans ses pochades « familiales », comme la chanson que nous donnons ci-après, il a du talent !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Un-deux-trois-François-Corbier1.mp3|titles=Un, deux, trois, François Corbier]

UN DEUX TROIS

 J’avais une bouteille au fond de mon berceau,
J’en avais gardé le goût , j’y repense souvent.
Pourtant il a coulé du vin sous les tonneaux
Depuis que j’ai quitté le ventre de maman !

Refrain :
et j’dis un , et j’dis deux , et j’dis : un deux trois !
Patron nos verres sont vides, remettez nous ça !

C’est entre deux bouteilles , entre deux apéros
Que grand père et Mamée sur la carte des vins
M’ont enseigné les maths , la lecture , la géo,
Tandis que je dansais les flacons à la main .

 

J’allais pas à l’école pendant les jours en i
Dressé dans mes galoches et sous mon béret bleu
J’étais avec Mamée dans les épiceries,
Pour le vin le moins cher on courait les banlieues.

Quand l’épicier était plutôt grand , plutôt brun
S’il avait une réserve au fond du magasin,
Mamée en ressortait le corsage détruit
Minaudant : « l’épicier a de superbes fruits . »

Grand père était un rouge , il rêvait du grand soir,
Sans armée, sans curé, sans patron , sans douleur.
Il chassait l’oppresseur, accoudé au comptoir
Au rythme ordinaire de six verres de blanc à l’heure.

Un matin il m’a dit : « je te lègue mon verre
j’ai trois trucs à chanter au caviste d’en haut . »
Je l’ai vu s’en aller la casquette à l’envers
Depuis ce temps j’attends son retour au bistrot.

 

Patrice BOURGEON

Avec son spectacle « Amours de zinc » joué plus de 200 fois à travers le monde, Patrice Bourgeon a été un véritable ambassadeur de notre divin breuvage.

C’est en effet en compagnie de poèmes de Charles Baudelaire, en évoquant la si sensible Sapho qu’il mène son ambassade, et même si tout n’est pas à la hauteur, ne nous y trompons pas :

Faudrait surtout pas croire  Qu’on est des sacs à vin

On a du savoir-boire  De belles manières et le gosier fin.

… Heureusement !

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Le-vieux-café-a-fermé-Patrice-Bourgeon.mp3|titles=Le vieux café a fermé, Patrice Bourgeon]

LE VIEUX CAFE A FERME

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

Où c’est qu’on va boire un coup

Va boire un coup

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

D’ailleurs y’a même plus d’marché

Y’a plus d’marché

On s’retrouvait jour de marché

Avec les potes du quartier

Y’avait le boucher le volailler

Ils étaient cons com’ des paniers

Mais putain qu’on s’ marrait

Mais putain qu’on s’marrait

Refrain 

Et puis un jour ils ont rasé

Les vieilles baraques du quartier

A coups de bull à coups de pelle

C’était pas un quartier nickel

Mais putain qu’on vivait

Mais putain qu’on vivait

Refrain 

Nous ont foutu à la place

Cet hypermarché dégueulasse

Et les p’tits vieux com’ des zombis

Se traînent derrière leur caddies

Mais j’ te jure que ces enfoirés

On va les leur faire bouffer bouffer

Leurs surgelés sans les dég’ler

Leurs surgelés sans les dég’ler

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

Où c’est qu’on va boire un coup

Va boire un coup

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

D’ailleurs y’a même plus d’marché

Y’a plus d’marché

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

Où c’est qu’on va boire un coup

Va boire un coup

Va boire un coup

 

Une oeuvre de notre ami le graveur cournonterralois Michel Puech à qui nous devions déjà notre affiche du Cabaret du Vin… Une oeuvre déjà ancienne dont il aime l’aspect torturé des souches mutilées par les blessures occasionnées par le poudaïre…

Dieu n’avait fait que l’eau; mais l’homme fit le vin. (Victor Hugo)

François HADJI-LAZARO 

Il a toujours été idéaliste. C’est un trait de caractère probablement hérité de son père, militant communiste. (Eric Nahon)

Que ce soit sous son nom, ou dans les différents groupes qu’il a animés (Pigalle, Les Garçons bouchers), François Hadji-Lazaro a signé une belle série de chansons qui sont autant de tranches de vie quotidienne.

Doté d’un caractère étrange, il est, paraît-il, devenu un spécialiste de vin bio. Pourquoi en douterait-on ?

 

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/06-Hommage-Au-Doux-Nectar.mp3|titles=06 Hommage Au Doux Nectar]

HOMMAGE AU DOUX NECTAR

Il existe une sensation A portée de tire bouchon

Elle ravit les yeux, le nez Et, puis surtout le gosier Faut pas hésiter

Une espèce de résumé De ce que la terre peut nous donner

Toute la saveur de la pierre Du soleil et des rivières

 

Hommage au doux nectar Au vin, pas au pinard

Il faut savoir goûter Tous les sens éveillés

Hommage au doux nectar Au vin, pas au pinard

On va pas laisser ça Au beauf qui apprécie pas.

 

Faire de quelques grains de raisins

Un moment de plaisir divin Comment un viticulteur

En y mettant tout son cœur Nous crée le bonheur.

Quand pète enfin le bouchon Le vin parle de sa région, avec passion !

Quand ce qu’on a sous le nez Sent la violette et les près

Quand dans la bouche le miel A rencontré la cannelle, sensationnel !

Et quand le verre qui brille Ressemble à la bouche des filles.

 

Hommage au doux nectar Au vin, pas au pinard

Il faut savoir goûter Les papilles écartées

Hommage au doux nectar Au vin, pas au pinard

Si t’as pas les moyens Va boire chez les voisins

 

L’occasion de voyager Au grand air, sans se déplacer

Derrière une bouteille de vin Ya des hommes et du raisin

Et puis, un patelin De la Bourgogne à Bordeaux

Du Cabernet au Pinot Se contenter de ce qu’il y a de mieux

Jusqu’au devant de la Condrieu ? Ah ! nom de Dieu

Remonter toute la Loire Simplement le long d’un bar

Un Corton-Charlemagne Que l’on goûte avec une femme

 

Hommage au doux nectar Au vin, pas au pinard

 Pas besoin de pognon Pour faire la collection

 

RENAUD 

Oserais-je dire que je tiens cette chanson de Renaud comme une des plus magnifiquement écrites de son répertoire ?

Datée de 2005, la chanson accompagnait la « renaissance artistique » du chanteur, après sa rencontre avec une nouvelle compagne qui, semble-t-il, l’entraîna à redevenir lui-même.

Hélas :

Comme il y a eu Gainsbourg et Gainsbar Y’a le Renaud et le renard

Le Renaud ne boit que de l’eau  Le renard carbure au Ricard.

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/01-08-Les-Cinq-Sens.mp3|titles=01 08 Les Cinq Sens]

LES CINQ SENS

A part Brassens et les oiseaux
Quoi écouter ?
L’eau qui rigole au caniveau
De mon quartier
Le vent qui vient tirer des plaintes
Aux peupliers
Et toujours la folle complainte
De Charles Trenet …

A part à ta peau de sirène
A quoi toucher ?
A l’outil taillé dans le chêne
Ou l’olivier
Au crayon que l’enfant promène
Sur un cahier
Aux touches d’ivoire et d’ébène
D’un vieux clavier

A part à tes fruits défendus
A quoi goûter ?
A l’impossible à l’imprévu
Et au danger
A ce bon verre de vieux vin rouge
Si parfumé
A tes lèvres que tu entrouvres
Sous mes baisers

A part la lumière de Doisneau
Quoi regarder ?
La rivière au bord de l’eau
Au mois de mai
L’enfant qui joue du violon
Les Pyrénées
Ton joli cul tes seins bien ronds
Tes yeux fermés

A part les coquelicots de juin
Quoi respirer ?
Le pain qu’on partage et le vin
Qu’on a tiré,
A la santé d’un bon copain
A l’amitié
A l’amour que j’ai dans les mains
Que tu m’as donné
Que tu m’as donné

 

TRI YANN 

Comme leur nom l’indique, les Tri Yann sont au moins trois : Jean-Paul Corbineau, Jean-Louis Jossie et Jean Chocun, trois Jean de Nantes aujourd’hui devenus… huit !

Grands défenseurs de la musique celtique et de la chanson bretonne, depuis plus de quarante ans (le groupe est né en 1970) ils parcourent les scènes du monde entier avec un répertoire traditionnel et original.

Le titre Chanson à boire date de 2001 (sortie de l’album Ar Gwellan Gant). Il reprend le texte d’une chanson traditionnelle du moyen-âge.

[audio:http://www.actechanson.fr/wp-content/upload/Triyann-Chanson-�-boire-MP3JUICES.COM_.mp3|titles=Triyann – Chanson � boire – [MP3JUICES.COM]]

CHANSON A BOIRE

Qui veut chasser une migraine
N’a qu’à boire toujours du bon
Et maintenir la table pleine
De cervelas et de jambon

L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons
L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons

Le vin goûté à ce bon père
Qui s’en rendit si bon garçon
Nous fait discours tout sans grammaire
Et nous rend savant sans leçon

L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons
L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons

Loth, buvant dans une taverne
De ses filles enfla le sein
Montrant qu’un sirop de taverne
Passe celui d’un médecin

L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons
L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons

Buvons donc tous à la bonne heure
Pour nous émouvoir le rognon
Et que celui d’entre nous meurt
Qui dédira son compagnon

L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons
L’eau ne fait rien que pourrir le poumon
Goûte, goûte, goûte, goûte compagnon
Vide-nous ce verre et nous le remplirons

 

 

Agenda

Il n'y a aucun événement à venir.

Sur Facebook
Archives