Archive pour novembre 2009
Dany si terne

Le chanteur qui fait l’actualité, aussi présent dans les médias que Frank Dubosc, c’est le très célèbre, très modeste et très fier de l’être Dany Brillant, le roi de la salsa saucisson beurre rance, le Buena Vista Social Club en con dansé, le Cumpay Segundo du pauvre beauf carotte – qui ne fait pas avancer l’âme- le chantre mou du « son » loukoum dégoulinant, le titi et gominé, matou vu comme je danse bien, le chanteur afadi de fadaises en fa dièze.
Il suffit d’aller sur le P.A.F et paf, on prend dans le pif ce qu’il y a de plus pauvre : la cascade mielleuse de l’ami Dany, de l’amidoné.
Vous l’avez sans doute compris, j’en ai marre de cette tare triste. Le mois dernier chez Ruquier les deux snipers, eux qui tirent à boulet rouge sur tout ce qui écrit, joue, chante, et parle ont été d’une condescendance redoutable envers lui : « ô que c’est beau ça rappelle Aznavour », « quelle jolie musique, quelles belles paroles… ». Même topo chez Frank-Olivier Gisbert qui n’est pourtant pas Patrick Sébastien : « cher maître je vous en prie ayez la fraternelle amabilité de me susurrer Suzette la belle chanson sur laquelle j’ai levé la standardiste de la maison de l’ORTF à l’époque ».
Le Brillantissime nous explique que ses textes sont travaillés, car quand ce pamphlétaire virulent chante « laissez-nous passer la jeunesse est pressée » – ô Dieu la belle rime – il s’adresse aux égoïstes de la génération de 68 qui n’ont pas laissé la place aux jeunes…, ça c’est de la chanson engagée – attention Dany tu risque la censure !
Mais qu’on se rassure les textes de Dany Brillant sont pensés avec la tête de la Victoire de Samothrace et écrits avec les coudes de la Vénus de Milo.
Si on m’offre le disque de Dany Brillant, c’est promis je me mets au Ball trapp car en fin de compte ce chanteur n’a de Brillant que la gomina qu’il passe sur ses cheveux.
Non à l’expulsion de Martha Galarraga
Décidemment on marche sur la tête en Sarkozie (même à mi-parcours).
Alors que depuis la Révolution française de 1789, notre pays a forgé une part de son identité sur sa capacité d’accueil et d’intégration de bien des persécutés et laissés pour compte du monde entier, et notamment des artistes,…, voilà que ces jours-ci on veut expulser de France Martha Galarraga, chanteuse cubaine qui travailla avec le Buena Vista Social Club et qui, depuis juillet 2002, vit et travaille ici comme « chanteuse à employeurs multiples » (on dit aussi « intermittente »).
Nous ne connaissons pas les raisons qui ont poussé Martha à ce choix depuis près de huit ans. Nous savons par contre que pour quelque besogneux fonctionnaire de la préfecture de Paris (ou quelque chef de service zélé ?) Martha est dans l’illégalité totale quant à sa capacité de résidence en France puisque (et pour cause) elle n’a pas de CDI, ni même de CDD de plus de six mois à faire valoir auprès du dit fonctionnaire (ou son chef…). Elle ne peut donc pas avoir de permis de travail… Dans la foulée on lui reprend donc sa carte de séjour et on lui annonce qu’elle va recevoir aussitôt son « obligation de quitter le territoire français »… sans attendre la décision du tribunal administratif saisi par Martha.
S’agit-il seulement des effets d’un « vide juridique » ?
Signez et faites signer la pétition sur
http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=3236&page=54#signs
A propos de Gérard Philipe

»Est-ce ainsi que vivre nous quitte
Est-ce de froid est-ce de fièvre
Est-ce d’y penser que palpite
La trame exsangue de vos lèvres… »
Il y a cinquante ans, presque jour pour jour, disparaissait le grand comédien Gérard Philipe. C’était en novembre 1959, Fanfan la Tulipe perdait son dernier duel.
Un an avant, l’acteur engagé avait présidé à la naissance du SFA (Syndicat Français des Acteurs) affilié à la CGT… Quelques mois encore et André Malraux entrait, lui, dans le premier ministère de la Culture de notre histoire… Etrange coïncidence qui voyait disparaître le symbole du spectacle vivant de l’époque et, presque en même temps, naître l’outil principal des politiques culturelles publiques pendant les cinquante années qui allaient s’écouler… Jusqu’à aujourd’hui !
… Et jusqu’à quand ? dira-t-on avec une certaine inquiétude, tant les nuages s’accumulent et grossissent. Les intérêts privés piaffent plus que jamais à la porte des théâtres et des salles de concert, sur les plateaux de cinéma et de télévision, dans les musées… Tout démontre qu’au nom de l’argent-roi, la guerre est déclarée à l’Intelligence, à l’Art, à tout ce qui rapproche les hommes et les sublime…
Alors que cet anniversaire de la mort de Gérard Philipe soit pour nous l’occasion de redire ici notre attachement au « vrai » spectacle vivant hors des dérives marchandes, aux œuvres et non aux produits, à tous ces merveilleux métiers du spectacle et non aux plans de carrière plus soucieux de communication que de toute autre chose… Et que les mots de Leprest, que les harmonies de Heurtebise nous accompagnent longtemps dans ce combat…
Mort au brasier paix à vos cendres !
Les canards déchaînés

Hééééééé oui ! Ces derniers jours, la presse locale s’est déchaînée, (probablement après avoir lu mon billet d’humeur du mois dernier), et Midi Libre notamment (libre de quoi, au fait ?) a enfin décidé d’envoyer ses journalistes faire de l’investigation !
Dieu (qui c’est celui-là ? qui sait ?) que tous ces articles sur Joan Baez sont intéressants!!!!! Maintenant, enfin, nous savons comment, sur les chantiers de France, sont logés, nourris et abreuvés des centaines de milliers d’ouvriers (-les sans papiers aussi ?-). Certes, c’est très petit mais confortable ; frugal (-une salade-) mais le pinard a l’air bon…
Et La Gazette, à son tour, de nous expliquer que pour des journalistes boycotter des spectacles, c’est pas bien… Sans commentaire n’est-ce pas !
Et puis… et puis… Je ne résiste pas au plaisir d’évoquer la grande sensibilité de tous ces reporters qui ont si bien écouté et intégré le message « Peace and Love » de l’ artiste ! J’en ai la larme à l’oeil de tant de délicatesse, de décence et …d’informations réunies !
Bernard Dimey, le poète, écrivait: « Quand on a rien à dire et du mal à se taire, on arrive au sommet de l’imbécillité »… Mais c’était sans doute à une autre époque ! Non ? Ah ! bon !
Soisic
La chronique d’octobre
J’écoute Greg Laffargue… et, j’entends Mae ou De Palmas. Mes compétences en matière de succès discographiques sont évidemment nulles et non avenues, mais je me dis que ce jeune homme a tout à fait le droit de tenter le coup : devenir un poulain de Goldman… Une voix me murmure (en anglais s’il vous plait) : et pourquoi que Remi Gaillard (son copain) ne se fait-il pas passer pour le dit Goldman ? Ça ferait rire le monde entier quand Greg découvrirait que ce n’est pas vrai !

Pascal Corriu et Organik Trio inaugurent ce soir la programmation jazz de Trinque Fougasse… Super musiciens, belles compos et un patron de lieu passionné… Je me dis pourtant que cette musique mériterait de l’espace… et plus d’écoute.
Les Internationales de la Guitare ont pris leur essor, et plusieurs cordes ont déjà été cassées. Pendant 3 semaines ça va jouer, chanter, surprendre, décevoir, enthousiasmer… Mais pour le savoir faut y aller !
Et bien j’y vais ! Ce soir Comelade et Pansanel racontent « leur Montpellier » au JAM. Tous deux y sont nés, tous deux y ont fait de la musique et – qu’ils l’aient voulu ou non – ont porté le nom de leur « village » un peu partout dans le monde. En vérité ça méritait bien un hommage et c’est très bien fait… Y’a la foule des grands soirs dans la salle, mais je me pose la question : qu’auraient-ils fait s’ils étaient nés à Romans, Albi ou encore Grasse ?

Thomas Fersen, lui, fait, très bien aussi, du Thomas Fersen, et là encore, le public adore ça. L’Opéra cette fois-ci est plein à craquer et ça chante, ça crie, ça interpelle le chanteur pour lui dire qu’on l’aime… Qu’importe si le son ne permet pas de comprendre l’essentiel des paroles, de toute façon on les connaît. Même Michaël Delafosse reprend les chansons… Moi je sens que les I.G (c’est comme ça qu’on dit désormais pour les Internationales de la Guitare) vont faire des jaloux !
J’ai rarement vu Soisic dans une telle colère. Que des journaux écrivent que Laurent Montagne est dans le droit fil de Barbara et Leprest, ça la rend malade… et pour tout dire moi aussi !… D’ailleurs elle va de ce pas le dire sur notre blog… Aïe ! aïe ! aïe !
Ah ! mais qui vois-je apparaître ? Une dame en robe de nylon ?… Au détour d’une allée de supermarché, maigre comme un coucou après un séjour aux Indes… Mais oui : c’est Laethi ! Peac’in est de retour depuis déjà plusieurs semaines – « Le groupe est fini ! » avoue pourtant Vincent qui a des études à faire… Mais Laethi ajoute : « Ce soir on va chanter chez des copains, en Ardèche ». Rien n’est perdu.
… Et dire que j’ai failli oublier dans cette chronique le pur moment de bonheur poétique et…scénique qui m’a été donné au téâtre de Sète par Paco Ibanez chantant Georges Brassens… A un trou de mémoire près (magistralement assumé), c’était pour moi la perfection. Et nous étions peut-être mille à partager ce plaisir… Une voix, une guitare, des chansons : l’émotion !
Un grand salut aussi à Marti, Gérard, Pascal, Pierre… qui ont magnifiquement révélé Brassens l’occitan (dans de superbes arrangements de Gérard Pansanel)… Et je n’arrêtais pas de penser à cette photo de Georges brandissant une pancarte dénonçant (à sa façon) l’occupation du territoire occitan… A montrer dans toutes les écoles de football.

Dans le hall et les promenoirs de l’Opéra le salon de la lutherie étale ses fastes… Des guitares à gogo, des acoustiques, des électriques, des classiques, des inimaginables, des qui ressemblent à tout sauf à une guitare, des qui ont un design fabuleux, des qui sonnent magnifiquement, des qui marchent toutes seules (euh ! non, celles-là y en a pas !), des marques du monde entier, des de luthier inconnu… C’est merveilleux une guitare et y’a foule entre les stands.
Ce jour, à table, Jean-Pierre nous raconte son samedi en Lodévois à la poursuite lui aussi des Internationales de la Guitare (I.G !). Au programme : un vide grenier musical, une démonstration de lutherie et un concert à Salelles-du-bosc avec Samy Daussat en première partie du Général Alcazar… Bon ! autant il se déclare ravi du premier et des ses plans manouches, autant son antimilitarisme sort quelque peu renforcé de la prestation du second… Mais « On est sans doute dépassés » reconnaît-il à mon troisième pichet de vin rouge.
… Et soudain Christine, qui n’avait pourtant pas ses lunettes, reconnaît Maureen Angot dans une allée des Galeries Lafayette. Mais oui ! vous avez bien lu : Maureen qui fit tant parler d’elle et de son talent avant de quitter la Star Academy, Maureen que nous connûmes à ses débuts et programmâmes quelque fois… Maureen qui se souvenait donc gentiment de l’Acte Chanson et racontait bientôt à Christine qu’elle se produisait désormais surtout dans des clubs de jazz parisiens… Sauf la veille où elle était à Béziers avec Télérama… Que voulez-vous c’est aussi cela la vie d’artiste, et en plus on peut l’écouter sur Myspace.
Avec Julien nous avons l’habitude de nous retrouver quelquefois le dimanche autour d’un ordinateur et d’un CIEL… Deux fois déjà ce mois-ci pour cause de compta !… Quand je pense que certains disent : quand on a une cause on ne compte pas.

A Lodève, le Minuscule l’est… 25 places à tout casser. Ce soir la patronne allemande, accueille un chanteur hollandais et un pianiste belge, pour une soirée consacrée à Boris Vian, le « militant », « l’engagé » (si ces mots-là ont encore un sens). La salle est pleine et on découvre, dans une dimension humaine un peu oubliée, plein de chansons peu connues de Boris. Voilà ! le Minuscule, c’est Grand rue à Lodève, c’est pas cher, c’est bon, et tous les jeudis soirs y’a de la chanson.
Au cœur de la nuit, sur 7LTV je tombe sur une émission consacrée aux Internationales de la Guitare avec la participation de Michaël Delafosse, Talaat El Singaby et des représentants de quartiers montpelliérains plutôt actifs en matière de culture… C’est bien, tout le monde possède la parole et ne s’en prive pas. C’est parfois même brillant… Mais dommage que personne ne soit là (et surtout pas les journalistes) pour leur porter la contradiction (comme on disait à Clermont l’Hérault, avant la guerre…). Pourtant elle existe. Non ?
A la télé encore je tombe (rassurez-vous je me relève) sur une émission chanson, appelée « Chabada » (mais oui : Chabada !). Vedettes invitées : Adamo (et sa guitare), Grégoire (j’suis pas sûr !) et Arielle Dombasle (que j’échangerais volontiers contre 2 barils de lessive ordinaire mais on ne me le propose pas…). A trois ils réussissent à massacrer Brassens ; c’est fou, non !

Brassens parlons-en, puisque les amis de Georges, par la plume de Joseph Moalic, viennent de consacrer quelques lignes (fort amicales) à mon CD… Je ne ferais qu’un commentaire, toujours le même : « ça fait plaisir ! ».
Ça y est le scandale a éclaté… Joan Baez c’était bien mais les organisateurs ont déconné : c’est la célèbre Camille Solveig-Fol qui soulève le lièvre… Joan Baez était logée dans une baraque de chantier, elle n’a pas pu aller au cabinet et elle a dû manger sa salade par terre. 20000 personnes peuvent en témoigner… Elle a même dû aller chercher Marianne que les organisateurs voulaient évidemment empêcher de chanter… Quelle honte !

C’est sûr que si Joan Baez était venue avec nous à Carcassonne, ça ne lui serait pas arrivé. On était 25000 dans les rues de la ville, drapeaux, bannières et calicots largement déployés, 25000 pour réclamer le respect de la langue, son droit à l’existence naturelle à l’école, dans les médias, sur les scènes et dans les cœurs… J’avoue que ça m’a fait du bien et que j’avais envie de disserter sur les questions d’identité et de diversité, de quotidien et d’universalité…
… Mais Joan Baez est restée à Montpellier, et le scandale redouble. Les ouvriers d’Eiffage réclament les mêmes baraques que celle de Joan Baez (« un bungalow haut de gamme » dit Talaat El Singaby)… Ceux du Génie Civil de Lens (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) et de Bec frères, veulent des primes de panier qui leur permettent d’aller au restaurant « La Coquille »… Bref ! c’est presque la révolution…
Je suis sûr que Jean-Louis Blenet, Bruno Cecillon, Marti, Joanda peut être, restés à Carcassonne, ils se sont tapés un super cassoulet, ou une macarronade cathare, ou un ragoût d’escoubilhes à la clermontaise, ou des huîtres, des sépious au noir et des oreillettes pour finir… Avec quelques Corbières, ou Minervois à la clef… Mais ne le dites surtout pas à Joan Baez.
Quand je vous disais que les I.G font des jaloux ! Comme dit Soisic par ailleurs « Les canards sont déchaînés »… A suivre ?

Sur les bords de la Seine, ou en haut de Beaubourg, dans le RER du côté de la Grande Bibliothèque ou dans un ascenseur rue La Fontaine,…, j’avoue que les guéguerres montpelliéraines me paraissent lointaines et, pour tout dire, très mesquines. Quand j’en parle autour de moi ça fait rire…
Vous l’avez compris, c’est à Paris que je finis mon mois d’octobre. Trois jours pour mieux y retourner au mois de mars prochain afin de célébrer le Printemps des Poètes. Trois jours à courir il est vrai, mais aussi trois jours de plaisir comme on ne les trouve malheureusement pas ailleurs… Bises à tous !
Jacques