Get Adobe Flash player

Archive pour avril 2012

Le Vin des Poètes – Episode 26 : Le temps des chansons d’ici (2)

 Marie-Hélène COURTIN

Si la parité est, de façon générale, assez bien respectée dans le monde du spectacle, rares par contre sont les femmes qui ont célébré le vin dans leurs œuvres (même si comme on l’a vu précédemment elles sont de plus en plus présentes).

… Sans doute a-t-il fallu à Marie-Hélène Courtin un père vigneron – au cœur de la Vaunage – pour nous donner ce très beau texte d’hommage au travail de la vigne, à cette sorte de combat solitaire, fondamental, avec la terre.

Auteur-compositeur-interprète, musicienne et comédienne, Marie-Hélène Courtin parcourt depuis près de 35 ans les scènes du Languedoc. Elle a cinq albums de chansons à son actif.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 TU

Tu as passé ta vie

A surveiller le ciel

A craindre trop de pluie

Le mildiou ou le gel

Tu t’en allais dès le chant des oiseaux

Au point du jour au pas lent des chevaux

Tu partais pour ta vigne

Seul comme en éclaireur

Guettant le moindre signe

De vent avant-coureur

Espoudasser en novembre

Gabeller les sarments

Sulfater au printemps

Tailler à carême ou cendres

Sous un mistral cinglant

Soufrer à la St-Jean

Labours par tous les temps 

 

Tu as passé ta vie

A redouter la grêle

Oïdium ou cochylis

Entre bardane et prèle

Gourde et musette au fond d’un cageot

Ton vieux béret ta chemise à carreaux

Tu as passé ta vie

Assis sur ton tracteur

Brinquebalant fier et digne

Chariot enjambeur

Hottes comportes et seaux

Serpette ou sécateur

poissent dans la chaleur

Pastières et tombereaux

S’emplissent d’heure en heure

Sous les mains des coupeurs

Au pas lourd des porteurs

 

Tu as passé ta vie

Dans le froid dans le vent

Dans la boue sous la pluie

Sous un soleil brûlant

Tu as passé ta vie

A bichonner ton vin

De pressoir en demi-muid

A la St-Martin

Muscat œillade cabernet cinsault

Syrah grenache chardonay merlot

Marsanne roussane carignan aramon

Cabernet sauvignon

Tu as passé ta vie

Entre lavande et thym

Oliviers tamaris

Tramontane et marin

 

Tu finiras ta vie

un soir plein de douceur

quand la terre se résigne

à calme et torpeur

Lorsque l’automne incendie les coteaux

Et met au ciel gris des vols d’étourneaux

Quand octobre dans les vignes

Fait place aux grappilleurs

Aux pies aux poireaux de vigne

Perdrix rouges et chasseurs

Roquette pêches de vigne

Et merles moqueurs

 

Daniel BOURGUET

Qui dira les chemins divers qu’emprunte l’inspiration lorsqu’il s’agit d’écrire un poème ? Une chanson ? Tous les textes que nous citons dans ces pages parlent de vin, mais décidément ils le font sur tous les tons, mêmes les plus extrêmes…

Heureusement d’ailleurs que l’irrévérence se pratique encore un peu aujourd’hui, et que dans nos sociétés de plus en plus idéologiquement fermées, il est encore des artistes pour surprendre et interpeller.

Daniel Bourguet, militant engagé sur bien des fronts, est l’auteur d’une oeuvre chantée importante, essentiellement basée sur la fraternité et le rapprochement des peuples, auteur de la Méditerranée.

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

LE VIN NOUVEAU

J’ai jamais obéi à un sergent

J’ai déjà fait les vendanges

J’ai jamais mis la main sur un fusil

J’ai déjà pris une cuite

Qui tue le plus entre un soldat et un patron de bar

J’veux pas l’savoir

Tant j’ai la peur des militaires

Des dictateurs et de la guerre

Refrain : 

Le vin nouveau est arrivé

On va en vendre au monde entier

Ce serait beau Mr Dassault

Si on vendait au monde entier

Plus de pinard que d’armes (bis)

J’aimerais voir Netanyaou un peu saoul

Avec Arrafat danser le zouk

J’aimerais voir tous les salauds d’l’univers

A l’amitié lever leurs verres

Qui tue le plus entre un chauffard et un pilote de char 

J’veux pas l’savoir 

Tant j’ai la peur des militaires

Des dictateurs et de la guerre

Refrain

On m’avait dit qu’il fallait une armée

Pour notre sécurité 

Mais c’est sur nous qu’ils sont venus cogner

Quand on criait liberté

Entre un flic et un verre de pinard qui tue le plus l’espoir

J’veux pas l’savoir

Tant j’ai la peur des militaires

Des dictateurs et de la guerre

Refrain :

Le vin nouveau est arrivé

On va en vendre au monde entier

Ce serait beau Mr Dassault

Si on vendait au monde entier

Plus de pinard que d’armes (bis)

Le vin nouveau est arrivé

On va en vendre au monde entier

Mais Mr Dassault n’est pas beau

Il n’a pas voulu m’écouter

Aussi je vais m’saouler (bis)

 

Christian MIRAILLES

Qui n’a pas connu Christian Mirailles ne sait sans doute pas combien les hommes peuvent aussi gaspiller leurs talents, les perdre dans de pauvres éclats illusoires dispensés par l’alcool.

Dans la brutalité de l’ivresse, rares sont ceux qui s’y voient du génie, et la peur du vide devient terrible alors pour celui qui finit par douter de tout et surtout de lui-même.

Notre ami Mirailles a un jour franchi les limites que la vie essaie (trop souvent en vain) de nous apprendre, et il s’en est allé… Il aurait eu pourtant beaucoup de choses encore à nous dire.

Auteur de cette « nonette » rendue à son humanité, Jean-Pierre Tabard était le parolier favori de Christian Mirailles.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

LA NONETTE

La nonette dansait dans la cave du cloître

Les jupes relevées sur ses genoux trop blancs

La nonette dansait et ses jambes d’albâtre

Faisaient des entrechats

Elle virevoltait légère hiératique

Un sourire d’extase sur ses lèvres d’enfant

Ses sandales glissaient sur les dalles rustiques

Et crissaient sous ses pas

Refrain :   

Seigneur tu fis la vigne et le jus de raisin

Gloire soit à ton nom gloire soit de tes grappes

Maria veritas in vino carpe diem

Trois pater trois ave à celui qui m’attrape

 

La nonette chantait en tenant dans ses mains

Une coupe d’un vin au parfum enivrant

Le liquide tanguait à chaque tour de rein

A chaque pas de danse

Tout en se déhanchant elle portait coquine

A sa bouche ingénue le nectar gouleyant

Par petites gorgées l’insolente frangine

Se grisait en cadence

 

La nonette voguait entre les fûts de chêne

Goûtant de ci de là aux ambres veloutés

Sa langue clapotait et donnait à la scène

Un air de cabaret

Et la petite sœur emportée par les brumes

De l’alcool et du rythme paraissait envoutée

A gorge déployée légère comme une plume

La drôlesse riait

 

La nonette planait au dessus du couvent

Un pâtre doux et blond l’enlaçait à la taille

De jeunes angelots scandaient à tous les vents

Saint-Eloi n’est pas mort

La pauvrette en rêvant poussait de longs soupirs

Agitant ses mollets sous la bure en bataille

La poitrine oppressée du feu des élixirs

Qui lui brûlaient le corps

 

Lucifer jubilait et riait tant que presque

Il en était touchant sympathique ; pour sûr

L’ivresse de la none n’avait rien de dantesque

A peine purgative

L’enfer cré nom d’un diable avait d’autres valeurs

Ce n’était pas le lieu de vénielles encornures

Il supplia le ciel qu’on laisse à ses vapeurs

La cornette émotive

 

La nonette pleurait au fin fond du couvent

Un bol de vin de messe entre ses mains d’albâtre

Elle priait priait fort religieusement

Bacchus et Dionysos

Le tout-puissant là-haut n’en demandait pas tant

La nonette le vieux n’en avait rien à battre

Son verdict retentit sec laconiquement

Votre sœur c’est un os.

 

Gérard FRANCO

 

Dans les vagues de notes aigrelettes qui accompagnent les joutes dans le midi, parmi les cris des hautbois et les percussions des tambourins, du côté de Sète et de l’Etang de Thau, dans sa tenue blanche immaculée, vous apercevrez nécessairement Gérard Franco qui (au-delà de quelques chansons plutôt sympathiques comme « l’Esprit du Vin » que nous donnons ici) s’est essentiellement voué à cette musique populaire très codée qui retentit tous les étés au bord des canaux de nos villes côtières…

Il existe une version de cette chanson « revue et corrigée » par Hervé Tirefort. Heureux également ceux qui la connaissent !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Vous entendez ?

« Gare aux papilles » au Théâtre Gérard Philipe

Durant 3 jours, du 10 au 12 mai 2012, au Théâtre Gérard Philipe (10 rue Pagès à  Montpellier), 3 spectacles sont proposés par l’Acte Chanson pour célébrer le vin, la poésie et les chansons :  « Le vin des poètes », « In vino veritas », « Vins  ».

Depuis toujours le vin a inspiré les poètes et les auteurs de chansons. Les plus grands noms de la littérature y ont puisé leur inspiration comme beaucoup d’artistes inconnus y ont trouvé matière à sublimer leurs propres créations. « Dieu a créé l’eau, mais l’homme fit le vin » a écrit Victor Hugo. Les artistes ont toujours illustré cette remarque du grand poète, depuis la plus haute antiquité et dans le monde entier à quelques rares exceptions près, démontrant aussi que le vin a fait l’homme.

PROGRAMME : 

 

J.10 –  « Le vin des poètes » de et par Jacques Palliès

Un voyage dans l’univers du vin tel que les poètes et les chansonniers l’ont décrit dans leurs œuvres, depuis les premiers écrits de l’humanité jusqu’aux créations les plus récentes.

V.11 – « In vino veritas » de et par Hervé Tirefort

Un spectacle vieilli en fût de scène, cuisiné au piano qui présente des chansons connues, des poèmes mis en musique, des parodies avec imitations, des chansons à boire et des chansons de l’auteur… A déguster sans modération.

S.12 – « Vins » de et par Gilbert Maurin

A partir des chansons de son album « vins », c’est seul mais avec sa belle guitare dont il tire de superbes harmonies que Gilbert se présente au public pour décliner des aquarelles mentales, distribuer des conseils bachiques, partager la piquette d’Anselme ou partir pour de merveilleux voyages en ballon.

Gare aux papilles – Au Théâtre Gérard Philipe (10 rue Pagès à Montpellier) – les 10, 11 et 12 mai.

Les soirées débutent à 19h par des dégustations de vins régionaux – Spectacles à 21h – Entrée 10€ (8€ réduit)

Réservations : 04 67 58 71 96 et/ou 04 67 04 08 61

Après Beaucaire…

Un peu de poésie pour un lendemain d’élection présidentielle…

Ce très beau poème à Lou de Guillaume Appollinaire, écrit en janvier 1915 quand le poète était en garnison à Nîmes et mis en musique par Jean Ferrat. Un moment fort du spectacle Un Amour Cerise donné ce weekend au Boschet Neuf  à Beaucaire, devant 2 salles combles.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Chant et guitare : Jacques Palliès ; Accordéon : Cécile Veyrat

Le Vin des Poètes – épisode 25 : Le temps des chansons d’ici (1)

Comme dit le poète : y’a pas seulement à Paris ! Peut-être même qu’on pourrait faire un chapitre semblable… en Provence, en Bretagne ou du côté du Nord. En Pays de Loire ? Oui ! En Bourgogne ? Oui ! Partout je vous dis… D’ailleurs si ça tente quelqu’un je suis preneur.

 

Gilbert MAURIN 

Ils sont évidemment nombreux les auteurs-compositeurs du Languedoc Roussillon qui ont traité du vin dans leurs oeuvres.

Je me souviens encore de la première fois où j’ai rencontré Gilbert Maurin. C’était au « Chien qui fume » en Avignon et il chantait en s’accompagnant, lui le brillant guitariste, d’un synthé.

Sacré Gilbert. Depuis nous avons fait une longue route ensemble et j’espère qu’elle n’est pas près de s’arrêter !

Depuis une dizaine d’années nous partageons, Gilbert et moi, l’aventure du Cabaret du Vin qui, sans manager s’il vous plaît, sans plan de carrière, a quand même existé plus de 150 fois sur les scènes françaises. Certes nous ne sommes pas allés jouer à l’Olympia, ou au Zénith de Tourcoing, mais nous avons connu bien des bonheurs, bien des heures de franche fraternité comme seul le vin peut en promettre et en donner.

Pour qui daigne écouter (mais où sont les directeurs artistiques, les « critiques » d’antan ?), les chansons de Gilbert Maurin dessinent un univers qui, décidemment, n’appartient qu’à lui (Imaginez Souchon avec l’accent du midi). Au-delà de ses titres sur le vin, je vous souhaite de découvrir « Les filles de quatre ans », « Gratteur de guitare », ou « Sketchs familiaux »… Hum !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

LE VIN C’EST DIVIN 

« Qu’importe le flacon Pourvu qu’on ait l’ivresse »

Mais quel est le vrai con L’auteur de mes fesses

Qui a sorti cette bourde ? Etait-il pompette

Au point que dans sa gourde Y’ait eu de la piquette ?

Refrain 1 :

Le vin c’est divin C’est le refrain Le vin c’est divin

Y’a d’abord tous ces mots Ces petits bijoux

Va donc parler de l’eau… Quel manque de goût,

Tu as juste un adjectif Pour construire un vers,

Tandis que là, au pif Tu en as plein ton verre

Refrain 2 :

Le vin c’est divin C’est le refrain Le vin c’est divin

Le couplet plus léger Subtil ou plus corsé Se chante le verre à la main !

La la la………….

Après y’a la géo, Le sol, les cailloux,

La pente du côteau, Les minimas d’août,

Les humeurs de la lune, Le souffle du vent,

La vigne qui s’enrhume Au mauvais moment.

Refrain 1 :

Au bout y’a le caveau Mais pas moribond,

Plutôt un peu poivrot, A moitié chiffon.

A mélanger les crus, A risquer la cuite

Et toute honte bue Attaquer la suite.

Refrain 2 :

Tous les chemins du vin Mènent à l’arôme.

Y’a le curé du coin Qui en connaît un psaume.

Chercher le fin du vin C’est  pour l’honnête homme

Et siffler ce refrain, Boire c’est tout comme.

Refrain 1 :

Et maintenant On va siffler les bouteilles

Avec modération

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

LA PIQUETTE D’ANSELME

Dans cette famille aucun vigneron

Pas le moindre hectare même de cépage aramon

Mais dans mon histoire mon petit bas de laine

Il y eut la piquette de mon grand-père Anselme

Juste un petit bout de treille

Qui donnait quelques bouteilles

En guise de pressoir

Un vieux baquet un entonnoir

Et une paire de bottes en caoutchouc

 

J’allais guilleret en culottes courtes

Mais dans mon enfance j’ai pas bu que du lait du yaourt

Mon grand-père Anselme il parlait comme ça

Un mot de français pour un mot de patois

Si es vengut per la festo podi beure la piquette

Alors j’y ai goûté

deux ou trois verres j’ai vidés

Avant bien sûr de rouler sous la table

 

Comme ça j’ai découvert pas trop tard

Ce que recouvrait l’expression il doit être ganarre

Car on disait ça de Dupont de Dupuis

Et j’ai su qu’on parlait pas de l’eau du puits

Ayant goûté ce breuvage

Je faisais enfin mon âge

J’entrais dans le monde des grands

Mon grand-père Anselme marchait devant

Et ça valait bien un bout de chanson.

 

Jean-Pierre LESIGNE

Qui dira un jour haut et fort  ce que nous devons à Jean-Pierre Lesigne ?… Nous, les auteurs-compositeurs-interprètes du Languedoc attachés à la chanson « à texte », à cet événement majeur de 3 à 5 minutes qui peut tout dire et/ou bouleverser en quelques vers et quelques notes ?

… Jean-Pierre Lesigne qui vint un jour de sa Normandie natale et s’installa au soleil, au cœur d’une garrigue, à la marge du village des Matelles, dans une ancienne forge, et qui avec son luth et sa guitare, son trombone, nous embarqua avec lui dans un monde de jazz et de poésie, un monde de chansons proches…

Bien sûr, il y avait Brassens, Ferré, mais il y avait aussi Jean-Pierre, tout près, et tout devenait donc possible : écrire, chanter…

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Au chant : Jacques Palliès, à la guitare et aux percus : Gilbert Maurin 

BOURGEOIS DORMEZ BIEN

Bourgeois dormez bien

Il est quatre heures et tout va mal

J’ai un peu sommeil un peu faim

L’on danse comme des pantins

Lorsque Satan conduit le bal

 

Gevrey Chambertain

Vous avouez que ne suis qu’un

Mot composé qui décompose

C’est encore à peine si j’ose

Compter les vingt doigts de mes mains

 

Tourbillon malin

La terre qui a le tournis

et qui tourne en sens opposé

à celui du millésimé

vin qui fait tourner les esprits

 

Esprit en déclin

Le cerveau battant à l’étroit

Endigué par de lourdes tempes

Il ronge s’immisce et rampe

Braquant les yeux crispant les doigts

 

Gevrey Chambertain

Saoul affalé perclus rendu

J’ai bu mon verre après la lie

J’ai vécu jusqu’après ma vie

Demain nous n’existerons plus

Dans une œuvre foisonnante de plus de 200 titres peut être Jean-Pierre Lesigne a beaucoup écrit sur le thème du vin,…, sur l’amour, le voyage, la vie, le temps aussi,…,

Pour lui le vin est une aventure intime qui se partage… et combien de fois nous l’avons en effet partagée cette aventure, jusqu’au petits matins souvent, pâlissant les collines couvertes de kermes, en attente d’un monde nouveau où nous serions enfin à notre place…

Il faut tout faire pour sauver l’œuvre de Jean-Pierre Lesigne !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Au chant : Jacques Palliès; à la guitare et aux percus : Gilbert Maurin 

L’ALCOOLIQUE  

Quelquefois au début, j’étais un peu surpris

J’avais prévu mon vin pour toute une soirée

Le goulot est trop grand il a trop fort débit

Le flacon mauvais fond ma carafe est truquée

Je ne suis pas adroit mais mon verre je le tiens

Droit et si fermement que j’en perds pas trois gouttes

Mon chat n’est pas voleur il est sobre mon chien

Comme je vis seul chez moi il m’est venu des doutes

 

J’ignore ce qu’il se passe autour de mon sellier

Auprès de mon buffet et dedans mes bouteilles

La roulure de sa race le soiffard dévoyé

Qui pipe mon rosé m’échauffe les oreilles

 

Vous pensez méfiants hommes de peu de foi

Et pourtant sachez-le chez moi ça tient sa place

Sceptiques des valeurs et du respect des lois

Je crois ce que je bois si l’on boit dans ma tasse

On sait bien de quel bois je chauffe mon gosier

On sait les risques pris on sait les représailles

Je couperai la main qui vide mes casiers

Arracherai les yeux boufferai les entrailles

 

Qu’on ne me dise pas que ce sont les esprits

Ou les insectes noirs qui grimpent mes murailles

Qui me donnent la fièvre et attaquent mon lit

Ils ne boivent jamais toujours ils me bataillent

Je bois vite cul sec sans détourner les yeux

Et je garde à la main ma bouteille entamée

Il aspire puissant discret en moins de deux

Mon vin j’ai soif encore ma carafe est vidée

 

Il est noyau de pêche désert et crachat blanc

L’assoiffeur le bourreau mon camp de la mort lente

Vampire de mon bonheur naufrageur d’innocent

Sournois chacal serpent pourri dégonflé tante

Ose un peu te montrer ou laisse moi mon vin

Interdit de séjour ici allez la trique

Soiffard pochard ivrogne fais pas chier le marin

Ou t’auras des ennuis va donc Hé alcoolique

 

(à suivre)

 

Le Vin des Poètes – épisode 24 : le Temps des chansons (8)

Adèle, Corbier, Bourgeon… avant les chanteurs d’ici.

ADELE

 

C’était au temps d’Adèle et Léon… Adèle D. Le Corre écrivait et chantait déjà des chansons sur des thématiques qui faisaient d’elle un peu… l’exception qui confirme la règle.

Au milieu de ses jeunes collègues de la nouvelle scène française (il faut absolument écouter les disques d’Adèle chante ou la découvrir en concert) elle parlait certes d’amour, de nostalgie, du temps qui passe, mais aussi de vin, d’ivresse… Une exception je vous dis !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

JE BOIS DU VIN

Quand j’ai bu cinq à six bouteilles

Quand j’ai trucidé mes litrons

La vie c’est du même au pareil

Mais j’pousse encore un peu l’bouchon

Car pour l’ivresse des sommets

Faut pas lésiner sur la dose

Moi j’bois du vin et y’a pas d’mais

J’repeins en rouge ma vie morose

Refrain :

Moi j’bois du vin V’là ma rengaine

Vive le tanin  Qui noie mes veines

Boit  mon chagrin Et broie ma peine

 

Quand enfin je me sens bien grise

Les joues en feu et l’œil éteint

Quand enfin l’alcool me déguise

D’un masque de joyeux lutin

J’ouvre encore un dernier flacon

Faut pas lésiner sur la dose

Moi j’bois et j’demande pas d’pardon

J’la veux sanguine ma vie en rose

Refrain :  

Et quand tous les poivrots seront morts

J’s'rai encore accrochée au bar

Même si ça tangue j’vir’rai pas d’bord

Le pied marin j’tiendrai la barre

Et j’boirai un dernier p’tit coup

Faut pas lésiner sur la dose

Et j’boirai pour donner du goût

A ma vie qui vaut pas grand chose

Refrain : 

 

François CORBIER

Bien sûr on pourrait calculer le nombre de tartes à la crème reçues par François Corbier pendant la dizaine d’années qu’il a passé à la télévision française dans les émissions enfantines de Dorothée… et regretter leur incidence sur la carrière, l’œuvre d’un des meilleurs auteurs-compositeurs actuels de la chanson française porteuse de sens, elle-même portée par une sensibilité et un humour à la densité rarement atteinte. Oui ! N’en déplaise aux pâtissiers, François Corbier est un grand… Même dans ses pochades « familiales », comme la chanson que nous donnons ci-après, il a du talent !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

UN DEUX TROIS

 J’avais une bouteille au fond de mon berceau,
J’en avais gardé le goût , j’y repense souvent.
Pourtant il a coulé du vin sous les tonneaux
Depuis que j’ai quitté le ventre de maman !

Refrain :
et j’dis un , et j’dis deux , et j’dis : un deux trois !
Patron nos verres sont vides, remettez nous ça !

C’est entre deux bouteilles , entre deux apéros
Que grand père et Mamée sur la carte des vins
M’ont enseigné les maths , la lecture , la géo,
Tandis que je dansais les flacons à la main .

 

J’allais pas à l’école pendant les jours en i
Dressé dans mes galoches et sous mon béret bleu
J’étais avec Mamée dans les épiceries,
Pour le vin le moins cher on courait les banlieues.

Quand l’épicier était plutôt grand , plutôt brun
S’il avait une réserve au fond du magasin,
Mamée en ressortait le corsage détruit
Minaudant : « l’épicier a de superbes fruits . »

Grand père était un rouge , il rêvait du grand soir,
Sans armée, sans curé, sans patron , sans douleur.
Il chassait l’oppresseur, accoudé au comptoir
Au rythme ordinaire de six verres de blanc à l’heure.

Un matin il m’a dit : « je te lègue mon verre
j’ai trois trucs à chanter au caviste d’en haut . »
Je l’ai vu s’en aller la casquette à l’envers
Depuis ce temps j’attends son retour au bistrot.

 

Patrice BOURGEON

Avec son spectacle « Amours de zinc » joué plus de 200 fois à travers le monde, Patrice Bourgeon a été un véritable ambassadeur de notre divin breuvage.

C’est en effet en compagnie de poèmes de Charles Baudelaire, en évoquant la si sensible Sapho qu’il mène son ambassade, et même si tout n’est pas à la hauteur, ne nous y trompons pas :

Faudrait surtout pas croire  Qu’on est des sacs à vin

On a du savoir-boire  De belles manières et le gosier fin.

… Heureusement !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

LE VIEUX CAFE A FERME

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

Où c’est qu’on va boire un coup

Va boire un coup

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

D’ailleurs y’a même plus d’marché

Y’a plus d’marché

On s’retrouvait jour de marché

Avec les potes du quartier

Y’avait le boucher le volailler

Ils étaient cons com’ des paniers

Mais putain qu’on s’ marrait

Mais putain qu’on s’marrait

Refrain 

Et puis un jour ils ont rasé

Les vieilles baraques du quartier

A coups de bull à coups de pelle

C’était pas un quartier nickel

Mais putain qu’on vivait

Mais putain qu’on vivait

Refrain 

Nous ont foutu à la place

Cet hypermarché dégueulasse

Et les p’tits vieux com’ des zombis

Se traînent derrière leur caddies

Mais j’ te jure que ces enfoirés

On va les leur faire bouffer bouffer

Leurs surgelés sans les dég’ler

Leurs surgelés sans les dég’ler

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

Où c’est qu’on va boire un coup

Va boire un coup

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

D’ailleurs y’a même plus d’marché

Y’a plus d’marché

Le vieux café a fermé

Sur la place du marché

Où c’est qu’on va boire un coup

Va boire un coup

Va boire un coup

 

Et maintenant Ferrat à Beaucaire !

Après la belle soirée du caveau de Trinque Fougasse, hier jeudi, pour fêter la sortie des trois nouveaux CD publiés par l’association ( à se procurer auprès de www.rhinolophe.com)… c’est un nouvel hommage au chanteur d’Antraygues-sur-Volane que les artistes de l’Acte Chanson s’apprètent à rendre, les 20 et 21 avril sur les hauts de  Beaucaire, au Mas du Boschet Neuf. Cécile Veyrat, Julien Heurtebise et Jacques Palliès vont en effet y proposer deux soirs de suite leur spectacle « Un amour cerise » qui en quelques trente chansons parcourt et renouvelle  l’oeuvre de Jean Ferrat.

Au fait : on peut encore réserver pour le vendredi soir au 04 66 74 56 55.

Vin des Poètes : intermède 21

Une oeuvre de notre ami le graveur cournonterralois Michel Puech à qui nous devions déjà notre affiche du Cabaret du Vin… Une oeuvre déjà ancienne dont il aime l’aspect torturé des souches mutilées par les blessures occasionnées par le poudaïre…

Et toujours sur les crêtes…

Pour tous ceux qui ont aimé Gino sur les crêtes de l’Hérault… vous aimerez Gino entre Causses et Cévennes.

Un nouveau CD de Michel Avalon

L’Acte Chanson, note de coeur spéciale du Rhinolophe.

A l’occasion de la sortie de ses nouveaux CD, le Rhinolophe a donné à l’Acte Chanson sa note de coeur spéciale du mois d’avril 2012.

Tous les CD de l’Acte Chanson sont au catalogue de www.rhinolophe.com, et notamment les deux derniers titres : Bruant et le Chat Noir et Les Amis de Georges…

Pour en savoir davantage, rendez-vous donc sur www.rhinolophe.com

En Musique
Découvrez la playlist acte chanson avec Julien Heurtebise
Spectacles en vidéos
Sur Facebook