Cie de création et de diffusion de spectacles vivants – Montpellier

En mai fais ce qui te plait… En mai tu peux panser tes plaies… En mai pas besoin de plaid… En mai, fête ce qui est laid… En mai ne bois pas de lait (bois du vin, du vin de feu, du vin qui rit…). C’est marrant les proverbes !

S’il est une manifestation qui s’affirme comme un moment irremplaçable de sociabilité, c’est bien la manif du 1er mai. Oh ! bien sûr, il y a le mouvement social et l’urgence des luttes,…, mais quel bonheur de reconnaître chaque année un visage, une silhouette, une voix ; quel bonheur d’être encore ensemble pour mener le combat ; quel bonheur d’apprendre que tout continue pour celui-ci ou celle-là. Comme autrefois… C’était notre séquence nostalgie.

Marianne chez Trinque Fougasse au cœur du pont du 1er mai, c’est presque par souci de bon voisinage que Christine et moi y sommes allés. Soisic s’est joint à nous… et nous avons pris une claque : 150 personnes en délire, passant d’une écoute quasi-religieuse à l’enthousiasme le plus débridé, obéissant comme un seul homme aux invites de la chanteuse… Cela paraît incroyable dans le cadre difficile d’un dîner-spectacle, même chez Dominique Boudet. Et pourtant… Il y a là de quoi s’interroger. D’autant (je le dis avec un peu d’amertume) que la chanteuse, même bourrée de talent, j’ai eu le sentiment que nous ne faisions pas le même métier.

Tiens, le thème central de la fête de la musique est « la chanson française »… Et bien nous apprenons en même temps que nous n’assurerons plus le rendez-vous de la salle Molière et que tout désormais sera gratuit pour la fête de la musique… D’ailleurs, si nous voulons animer la place du Plan des 4 seigneurs, pas de problème… Euh ! « l’association de référence de la chanson à Montpellier » vous remercie.

…Et elle vous remercie d’autant plus que nous apprenons par la presse l’organisation des Scènes Publiques et l’annonce du rachat du Rockstore…en présence du tout Montpellier de la musique, sauf nous ! Je pense qu’il y a –au moins- des sourires attristés qui se perdent.

Allons, que cela ne nous empêche pas de saluer la victoire de Davy Kilembé au concours « Vive la reprise » organisé par le Centre de la Chanson. Davy fait partie de ces artistes de la région (il est catalano-africain) que nous avons accueillis à l’Inédit alors qu’ils étaient totalement inconnus et qui aujourd’hui… E nave va ! Quelque part, ça fait plaisir, même s’il est vrai qu’il est aussi beaucoup d’autres artistes que nous avons reçus et qui sont restés… anonymes.

La 4ème seMAIne de l’Acte Chanson approche et il nous faut mettre le paquet sur la promotion. Il y a urgence car les médias apparemment ne vont pas se bousculer pour parler de notre projet : mettre ensemble sur une scène 1 conteur et 1 chanteur autour d’un thème… Ah ! une exception : Mireille Picard de Midi Libre prend rendez-vous pour une interview. Ça s’arrose (Bois du vin, rouge ou blanc…). Tiens il y a même 2 radios qui veulent bien nous accueillir pour parler dans le poste : Radio Aviva et Radio FM+ ; merci à elles !

Peut être est-ce-dû à la (re)venue de Sarkozy à Nîmes (ce n’est pas bon pour le climat !) mais c’est devant une petite affluence que Pascale Rouquette et moi-même déclinons le thème de la Résistance sur la scène du Théâtre Gérard Philipe… Une vingtaine de personnes à peine pour cette prise de risque artistique difficile pour les 2 artistes. Les arguments du conte et ceux de la chanson n’empruntent pas les mêmes routes. S’annihilent-ils quand ils sont ensemble sur la même scène ? Ou bien magnifient-ils leurs propos dans la confrontation des 2 expressions ?

Sans doute eut-il fallu plus de public aussi pour que le travail de Gérard Slabski et Fabien Bages « Ecoutez-ça si c’est chouette » prenne toute son ampleur. A l’inverse de la veille, conteur et chanteur sont là dans la complicité, dans la réponse partagée à une véritable fête de la parole, voulue par les artistes mais au menu choisi par le public. En vérité on ne peut imaginer spectacle plus « de proximité »… Ah ! si le public avait gardé sa capacité de curiosité artistique !

La curiosité du public, comme celle des médias, des professionnels et des institutions culturelles, voilà bien ce qui fait (aussi) défaut aujourd’hui dans la mise en œuvre des politiques publiques de la culture. La recherche quasi exclusive du profit comme les tentatives sans cesse recommencées d’instrumentaliser les artistes ont tout perverti et je crains qu’il ne faille beaucoup ramer pour permettre aux fleuves artistiques de remonter enfin aux sources créatrices… Beaucoup ramer !

Ce soir ce sont deux chanteurs, deux auteurs-compositeurs, qui se retrouvent en scène pour ce 3ème rendez-vous de la seMAIne : Julien Heurtebise et moi-même. Que ça fait du bien de chanter ses propres chansons dans le confort technique excellent mis en œuvre par Jean-Pierre et Fabien, les deux régisseurs du théâtre ! Si le Théâtre Gérard Philipe n’existait pas il faudrait le créer… et le réserver à la chanson (Ceci est une idée gratuite pour la DAC de Montpellier…)…Au fait Julien, dépêche toi d’enregistrer tes nouvelles chansons, qu’on puisse s’en imprégner !

Et voilà, la 4ème seMAIne de l’Acte Chanson s’achève déjà : Gabrielle nous donne un set magnifique, vibrant de sincérité et de justesse. Dans le landernau montpelliérain, voilà une jeune créatrice porteuse de sens et d’émotion qu’il faut aider, soutenir, encourager (ils ou elles ne sont pas si nombreux que ça)… Hervé Tirefort par contre, dans son souci louable de ne pas « délirer » et de présenter vraiment ses chansons, oublie un peu qu’un spectacle doit avoir un ton ; du coup ses nouvelles chansons (on passe allègrement de Miss Poitou à un poème de Germain Nouveau) y perdent un peu de force, et nous connaissons tous déjà les immenses qualités d’Hervé pour nous permettre de le lui dire.

Bon ! faut vraiment qu’on s’interroge sur notre seMAIne de Gérard Philipe. Il est vrai que de réunir à peine une centaine de personnes sur 4 jours semble donner raison à tous ces « vrais » professionnels, « vrais » responsables institutionnels, « vrais » journalistes, qui nous ignorent totalement… Mais s’agit-il seulement d’une mauvaise com ?

Que cela fait du bien de changer d’air, de sortir de cette ville, Montpellier, à l’atmosphère culturelle de plus en plus viciée (Voilà-t-il pas qu’on apprend que le fils Koering vient d’être chargé… par son père, le superintendant, de monter un festival reggae dans le cadre du festival de Radio France… ! J’hallucine ! dirait ma cousine…)… Alors oui ! Que ça fait du bien de traverser la petite Camargue par une belle après-midi de printemps, bordée d’iris d’eau, pour arriver enfin ailleurs, là-bas, si près et si loin à la fois…à Saint-Gilles, en pays gardois !

Lionel Licini et Gino De Zarlo ont pour mission d’ouvrir en musiques et chansons italiennes le 14ème festival « à contes découverts » de Saint-Gilles concocté par l’enthousiaste et vibrant Maurice Tardieu, lui-même conteur et grand animateur culturel… Lionel et Gino nous livrent une prestation impeccable. Dans une salle bondée, le public est bluffé et reprend en chœur les chansons… Le climat est créé, Sam Canarozzi peut laisser filer la parole.

Ah ! Enfin ! Sous le titre « Poémez-vous », le festival de Barjac rend public son programme 2009… Un beau programme s’il en est avec par exemple Michèle Bernard, Nicolas Jules, Thomas Pitiot, Michel Rivard, Chanson Plus Bifluorée à l’affiche… Un magnifique programme donc… mais que je boycotterai (c’est très personnel) tant qu’aucune occasion ne sera donnée à la création régionale de rencontrer ici aussi (ça se fait au Printival) un autre public.

Vous savez ce que je pense en général des festivals ? Même si vous vous en moquez, je vais vous le dire : ils sont l’occasion pour les marchands de s’emparer eux aussi de l’argent public… Et que de marchands, que de produits, dans la musique ! Tiens voilà une vraie question (y compris pour le maire communiste de Barjac) : qu’est-ce-que ça veut dire concrètement ; la culture n’est pas une marchandise ?

Balmino, le retour. Il était l’âme du groupe Khaban que l’on avait perdu de vue depuis quelque temps… Et pour cause, le groupe n’existe plus. Par contre Stéphane Balmino qui était la plume et la voix du groupe continue désormais seul son chemin créatif… Alors si vous en avez l’occasion, allez l’écouter : c’est superbe !

Je suis heureux de saluer ici aussi le grand retour de Chango Ibarra, notre voix d’or argentine discrètement nichée à Montagnac et qui avait failli s’éteindre (nous sommes si peu de choses…). Chango est reparti sur les routes avec quelques-uns de ses complices favoris : Christian Lavigne, Etienne Roche, et c’est tant mieux. Ils s’en souviennent déjà du côté de Montbéliard.

Cela devait être un dimanche de fête, et ce le sera peut être dans… quelques années. Là, entre Rhône et Pont du Gard, un nouveau festival de chansons affirme son ambition pour la chanson « à texte » (c’est comme ça qu’on dit !)… Hier c’était à Montfrin, aujourd’hui à Aramon… Et résultat : personne ! pas de public du tout,…, quelques dizaines le soir pour les têtes d’affiche : Michel Arbatz, Cécile Veyrat… personne pour les sans-grade de l’après-midi, dont je fais partie : ça interpelle, non !?

En urgence nous décidons de réunir le bureau de l’association et de réfléchir à tout ça. Pourquoi une telle désaffection du public pour la chanson que nous aimons et que nous défendons depuis des années ? Il est vrai que nous sommes à des années lumières de la chanson dominante telle que la télé en impose la vision,…, et il est vrai aussi que les politiques publiques n’agissent que sur ce qu’elles peuvent espérer recupérer , à leur seul profit politique. Bon ! nous ne sommes pas tous d’accord là-dessus et il faut continuer à réfléchir (c’est aussi cela la résistance !)

Reçu ce matin le nouveau CD de l’ami Corbier. Quelle claque ! Et dire que certains se demandent encore : qu’est-ce-que c’est la chanson porteuse de sens et d’émotion ?… Que ce soit un artiste « interdit de Chorus parce que pendant des années il a perverti nos enfants » qui nous le dise aussi violemment, illustre bien par contre la perversion du système où même les marchands font semblant de se draper dans les oripeaux de l’artiste… En tous cas Corbier c’est du très fort, du tout bon, du brutal, de l’extrème (j’avoue que j’ai pleuré à certaines de ses chansons) et on devrait l’entendre partout, comme un Léo Ferré country ou manouche !

Et puisqu’on parle de CD nous avons écouté Lazare sur MySpace… Lazare nous le connaissions déjà par le groupe Solstice repéré dans Voix Libres, le voici en solo mais toujours avec la même poésie plus proche de Lautréamont que de Maurice Carême… Ce qui fait beaucoup de bien je l’avoue. À écouter s’il vous plaît !

Et voilà le mois s’achève… « Bois le vin du bonheur et le vin de l’oubli, et quand l’automne d’or, sur le jardin pâli, tend son brocard divin où le ciel se prolonge, bois le vin du désir et bois le vin du songe ». À Pézenas, Hôtel Lacoste, je chante le vin pour la 4ème nocturne vigneronne, sur les pas de Molière… Jean Cévenol et tous les poètes m’accompagnent… oui! bois du vin camarade, avant que le verre ne soit brisé contre la pierre.

Jacques

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