L'Acte Chanson

Cie de création et de diffusion de spectacles vivants – Montpellier

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Toute l’équipe de l’Acte Chanson (de gauche à droite: Claude Avenante, Julien Heurtebise, Soisic, Jacques Palliès, Christine Besnaïnou, Jean-Pierre Leques) est heureuse de vous souhaiter une année 2009 pleine de chansons, de spectacles vivants et des bonheurs – simples ! – que sont la fin des guerres, la disparition de la misère et la baisse (sensible !… sans cible ?) de la bétise humaine.

Ah ! être jeunes, que c’est bon !

Par ailleurs et en même temps, toute l’équipe de l’Acte Chanson (de gauche à droite : les mêmes) est heureuse de vous faire part de la naissance de l’association Crescendoo dont les objectifs visent à « l’émergence, la professionnalisation et l’accompagnement des artistes et des techniciens du spectacle… ».

Efficacité et longue vie à elle.

J’ai appris récemment que Léo Ferré pouvait faire peur, très peur : le chanteur Dimoné a avoué que lorsqu’il était enfant, il avait les jetons en voyant cet artiste. Je dois admettre qu’outre le fait que ses parents avaient dû lui dire en le menaçant : « Dimoné mange ta bonne soupe ou le vilain Monsieur au crâne dégarni et aux longs cheveux filasses t’emportera dans son piano à queue ! », Léo Ferré était quelqu’un d’effrayant, même pour moi. Pas physiquement, bien sûr, car il ressemblait à Juju le photographe qui venait faire la photo annuelle des classes quand j’étais enfant au début des années soixante, non Léo Ferré était impressionnant par son talent, c’est cela qui faisait peur.

Sur scène, il était sur le fil du rasoir dans son interprétation et là il n’y avait que deux solutions : soit tu es dans le sublime, l’émotionnel, et tu es Léo Ferré ; soit tu te vautres et tu es dans le ridicule, tu es Francis Lalanne. Dans la chanson, Léo Ferré a tout fait : raconté les premières blagues sur les blondes (cf. Le Scaphandrier), fait du slam, dirigé des orchestres symphoniques, fait de la pop music avec le groupe Zoo, cartonné avec un slow d’enfer (Je me souviens en 69 année ô combien érotique avoir tenté d’emballer une allemande sur « C’est extra »…) Léo Ferré a mis tous les poètes – ou presque – en musique : Rimbaud lui expédiait ses textes d’Abyssinie, Verlaine de prison, Baudelaire du cabaret avec des taches d’absinthe sur les feuilles et Apollinaire lui envoyait ses œuvres depuis le Front… Il nous a aussi fait découvrir René Baer, Luc Bérimont, Pierre Seghers et surtout Jean-Roger Caussimon.

Bien que monégasque, Léo Ferré n’était pas Johnny et il ne s’est pas réfugié dans un paradis fiscal, il est allé officialiser ses amours ancillaires en Italie, où la camarde lui fit un pied de nez et un croc en jambe en le faisant décéder un quatorze juillet, jour où les graines d’ananar restent dans leur lit douillet.

Je terminerai en disant comme Bourvil : l’alcool non mais Léo Ferré (gineuse) oui !

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C’est sur un revigorant « Hommage à Henri Salvador » vendredi dernier à Montferrier que viennent de s’achever 12 années d’actions militantes « pour la chanson en Languedoc Roussillon »… Chanson d’auteur d’abord à laquelle nous avons consacré des centaines de concerts, depuis la plus anonyme scène ouverte jusqu’au récital d’artistes reconnus (tels Michèle Bernard, Allain Leprest ou Henri Tachan)… Mais aussi chanson-passion pour laquelle nous avons multiplié les hommages ou les thématiques.

Depuis la seule rentrée de septembre, 17 spectacles ont constitué l’ossature de nos programmations et 1500 spectateurs ( !) y ont participé : depuis le tremplin VOIX LIBRES, les concerts d’auteur de Bonfils, Marc Hévéa, Jean Tricot, Chango Ibarra, les soirées d’hommages à Brel, Ferré, Salvador, jusqu’aux spectacles de cabaret théâtre musical : « Les cerises sont-elles cuites ? » (sur Mai 68), « Un Amour Cerise »(autour des chansons de Jean Ferrat) ou « Chants d’Honneur »… 1500 spectateurs, disons-le, c’est à quelques unités près le maximum de ce que nous pouvions réunir comme public à Montpellier, Montferrier, Le Crès, Castelnau, Lodève,…

Pourtant au-delà de la fierté légitime que nous procurent ces résultats, au-delà de la conscience du devoir très accompli pour la chanson pendant les 12 années qui viennent de s’écouler il nous reste aussi une sorte d’amertume : alors que le public n’a jamais été aussi nombreux, c’est presque dans l’indifférence des professionnels, des institutions, des médias que tout cela s’achève. Certes, comme nous l’avons fait pendant 12 ans, cela ne nous empêchera pas de faire ce que nous estimons devoir faire. Mais tout de même…

Décidemment, alors que le creuset créatif de la chanson n’a jamais été aussi dense et passionnant, bien des obstacles demeurent pour que la chanson aussi soit reconnue comme une expression artistique à part entière et non pas seulement comme une marchandise. Or à cette dernière aune-là, nous aurions perdu.

Jacques a dit rêve
Et devant nous le Far West est apparu

Jacques a dit danse
Et sur la place une bohémienne venue d’outre horizon s’est mise a Esméralder

Jacques a dit gueule et la colère a grondé

Jacques a dit regarde et derrière la saleté la lumière a jailli

Jacques a dit ris, Jacques a dit pleure
Et dans le miroir de ses chansons on a vu nos sales gueules

Jacques a dit fait silence et il a chanté
Ses postillons ont guidé la diligence des mots et on a applaudi

Jacques a dit suis-moi, il a quitté la scène et s’est envolé sur les écrans, un coup devant la caméra, un coup derrière

Puis Jacques a dit ciao et il est parti
Voulez-vous danser Marquises sur le dernier temps de la valse

Alors Jacques a dit chut et il s’est tu
Et voici trente ans que le silence, tonitruant oxymore, nous porte encore sa voix

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Bientôt, très bientôt sans doute, -au 1er janvier 2009 pour tout dire !- va se dessiner ici le premier blog de l’Acte Chanson…

Oui, après 2 sites classiques et l’adresse Myspace, nous allons enfin bloguer. Bloguer c’est-à-dire pour nous non seulement transmettre le plus possible d’informations concernant les activités de la compagnie, mais aussi échanger avec vous en essayant de tenir le rythme de l’expression neuve, de la chronicité des billets, des infos, des agendas… et des spectacles disponibles jetés sur les routes de France dans le grand maëlstrom du spectacle vivant. Spectacle vivant… le gros mot est lâché.

Est-ce que vous mesurez que des milliers d’artistes inconnus s’adressent quotidiennement à des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes dans ce pays, en faisant tout simplement leur métier de passeurs de sens et d’émotion… pendant que quelques poignées, totalement soumis aux ordres des marchands d’illusions, se disputent les ors du prime time et occupent seuls l’espace médiatique ?

Ridicule ? Ecoeurant ? Certes… mais rassurez-vous, seul l’inconnu, l’ailleurs, l’étoile (celle de Jacques Brel bien sûr !) nous intéressent… La création seule est désormais notre boussole, notre astrolabe, notre sextant, notre compas, notre carte du tendre et du réel, du rêve et de l’émoi, du sens et du combat.

Tiens, et si on faisait un blog avec tout ça ? !

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